Après la découverte des corps dans une cellule surpeuplée et mal ventilée, le gouvernement nigérian a mis en place une commission indépendante pour faire la lumière sur les circonstances de ces décès.

 

La découverte de 37 jeunes hommes morts dans une cellule de détention à Minna, dans le centre du Nigeria, suscite colère et indignation. Les familles des victimes réclament justice, tandis que les autorités ont annoncé l’ouverture d’une enquête indépendante pour déterminer les circonstances exactes de ces décès.

 

Des arrestations liées à l’exploitation illégale de l’or

 

Les victimes avaient été interpellées par le Corps nigérian de sécurité et de défense civile (NSCDC), une force paramilitaire, dans le cadre d’une opération visant à lutter contre l’exploitation illégale de l’or.

 

Les corps ont été retrouvés jeudi dans une cellule décrite comme surpeuplée et mal ventilée. Des survivants ont dénoncé des conditions de détention particulièrement difficiles.

 

Selon leurs témoignages, une substance irritante aurait été pulvérisée dans la cellule avant que la porte ne soit refermée. Le produit aurait provoqué des brûlures au nez et à la gorge. Les détenus affirment également avoir appelé à l’aide à plusieurs reprises, sans obtenir de réponse.

 

« Nous voulons que le gouvernement nous rende justice », a déclaré à l’AFP Adamu Idris, 27 ans, dont le frère figure parmi les victimes.

 

« Si le gouvernement ne prend pas de mesures décisives, nous poursuivrons les manifestations », a-t-il ajouté.

 

Des familles exigent une enquête approfondie

 

La douleur est également vive chez Musa Aliyu, 52 ans, qui a perdu deux fils dans cette détention. Il réclame une enquête « approfondie » afin de « rendre justice à nos enfants ».

 

L’annonce des décès a provoqué de violentes manifestations à Minna, capitale de l’État du Niger. Des manifestants ont notamment saccagé des biens publics.

 

Pour disperser la foule, la police a tiré des coups de feu. Il n’était toutefois pas immédiatement possible de déterminer s’il s’agissait de balles réelles ou de munitions anti-émeutes.

Allamin Adamu, 24 ans, affirme avoir été blessé alors qu’il rentrait des funérailles de l’une des victimes.

 

« J’ai entendu des coups de feu. Je me suis rapidement baissé et, l’instant d’après, j’ai perdu connaissance. J’avais été touché », a-t-il raconté depuis son lit d’hôpital.

 

Une commission de dix membres pour faire la lumière

 

Face à la gravité de la situation, le président Bola Tinubu avait ordonné vendredi une « enquête urgente, complète et transparente ». Il a assuré qu’il ne tolérerait pas les décès résultant de « négligence, d’abus ou de manquement au devoir » de la part des autorités.

 

Une commission indépendante composée de dix membres a ainsi été mise en place. Elle réunit notamment un ancien haut responsable des services de renseignement, un expert médical, un militant des droits humains ainsi qu’un représentant d’une association de mineurs.

 

La commission dispose de deux semaines pour mener ses investigations et remettre son rapport.

 

Dans le cadre des premières mesures prises par les autorités, vingt agents et gardes du NSCDC impliqués dans les arrestations et la détention des mineurs, ainsi que leur supérieur hiérarchique, ont été suspendus.

 

Un État riche en ressources minières

 

L’État du Niger, vaste territoire situé dans le centre du Nigeria, dispose d’importantes ressources minières. Cette richesse attire de nombreux mineurs artisanaux, notamment à la recherche d’or.

 

L’enquête devra désormais établir les circonstances précises ayant conduit à la mort des 37 jeunes hommes et déterminer les éventuelles responsabilités dans cette affaire qui a provoqué une forte mobilisation à Minna.

 

TALLEB DE LA