La violence continue de frapper le nord-ouest du Nigeria. Au moins neuf agriculteurs ont été tués et plusieurs autres enlevés samedi lors d'une attaque menée par des hommes armés contre le village de Kakangi, dans l'État de Kaduna, selon un rapport de sécurité.

 

L'attaque est survenue quelques semaines après le début de la saison des pluies, période marquée par une recrudescence des violences perpétrées par des groupes djihadistes et des gangs criminels, communément appelés « bandits ».

 

Ces derniers multiplient les raids contre les communautés agricoles qui refusent de se soumettre aux taxes qu'ils imposent.

 

D'après un rapport de sécurité rédigé pour les Nations unies et consulté par l'AFP, les assaillants ont fait irruption dans les champs situés à la périphérie du village de Kakangi, dans le district de Birnin Gwari, ouvrant le feu sur les agriculteurs en plein travail.

 

« Neuf corps ont été retrouvés à ce jour, et six des victimes ont été identifiées par les autorités locales », précise le document. De son côté, Kabiru Ishaq, responsable communautaire de Birnin Gwari, affirme que le bilan s'élève à dix morts.

 

Selon les premiers éléments, cette attaque serait une opération de représailles après qu'un bandit a été tué par des agriculteurs lors d'une tentative de vol avortée plus tôt dans la journée. Son complice serait ensuite revenu avec des renforts pour mener l'assaut, selon le rapport.

 

Ces violences interviennent malgré un accord de paix conclu en novembre 2024 entre les autorités locales et les groupes armés dans le district de Birnin Gwari. Le mois dernier déjà, au moins six agriculteurs avaient été tués et vingt autres enlevés lors d'une attaque contre le village de Danauta, dans cette même zone.

 

Cette nouvelle tragédie illustre les difficultés persistantes des autorités nigérianes à enrayer l'insécurité dans les régions rurales, où les populations restent exposées aux attaques répétées des groupes armés malgré les initiatives de dialogue et les opérations sécuritaires.