Face à l’accumulation croissante des déchets dans plusieurs quartiers de Lagos, les autorités de l’État ont décidé de passer à l’action. Le gouvernement a demandé à la Lagos State Waste Management Authority (LAWMA) de convoquer en urgence les opérateurs privés chargés de la collecte des ordures afin de trouver des solutions rapides à une situation devenue préoccupante pour les habitants.
Cette décision intervient alors que d’importants amas de déchets ont été signalés dans plusieurs zones de la mégapole nigériane, notamment à Oshodi, Isolo, Ajao Estate, Ilasamaja, Mushin, Idi Araba et Alimosho. Dans certains secteurs, les détritus s’accumulent le long des rues et des trottoirs, donnant naissance à ce que plusieurs riverains décrivent comme de véritables décharges à ciel ouvert.
Selon les opérateurs privés de collecte, ces retards sont principalement liés aux difficultés rencontrées à la décharge d’Olusosun, située à Ojota. Les embouteillages et les congestions enregistrés sur ce principal site d’enfouissement ralentissent considérablement l’évacuation des déchets à travers toute la chaîne de traitement.
Le commissaire à l’Environnement et aux Ressources en eau de l’État de Lagos, Tokunbo Wahab, a expliqué que cette réunion d’urgence répondait aux nombreuses plaintes des populations, notamment dans la vaste municipalité d’Alimosho, où les passages des opérateurs de collecte sont jugés irréguliers.
Des habitants inquiets pour leur santé
La dégradation de la situation suscite de vives inquiétudes parmi les riverains. Avec les premières pluies de la saison, les déchets sont entraînés vers les caniveaux et les voies publiques, favorisant la prolifération des moustiques, des mouches et des rongeurs.
Plusieurs habitants redoutent également une augmentation des risques d’inondation, certaines canalisations étant déjà partiellement obstruées par les détritus.
Des commerçants affirment par ailleurs que la présence de déchets devant leurs établissements décourage certains clients et affecte leurs activités économiques.
Pour Philips Obuesi, spécialiste des politiques de gestion des déchets, la situation reflète avant tout des difficultés organisationnelles. Il estime que Lagos produit quotidiennement plus de 13 000 tonnes de déchets, faisant de la ville l’un des plus grands producteurs de déchets en Afrique subsaharienne.
Selon lui, une réforme plus poussée du système de collecte et une décentralisation des opérations permettraient d’améliorer l’efficacité du dispositif.
Une réforme mise à l’épreuve
Cette crise intervient quelques mois après la réintroduction de la journée mensuelle de salubrité environnementale, une initiative relancée par les autorités en début d’année 2026 après près d’une décennie d’interruption. Le gouvernement affirme avoir constaté une participation croissante des citoyens et un regain de sensibilisation aux enjeux de propreté urbaine.
Dans le même temps, la municipalité d’Alimosho a renforcé ses moyens d’intervention en mettant à disposition deux camions compacteurs supplémentaires pour soutenir les opérations de collecte menées par la LAWMA.
Malgré ces efforts, les défis restent importants pour Lagos, dont la population dépasse aujourd’hui les 20 millions d’habitants. La croissance rapide de la métropole exerce une pression constante sur les infrastructures de gestion des déchets, qui peinent à suivre le rythme de l’expansion urbaine.
Les autorités de Lagos prévoient désormais d’évaluer les performances des différents arrondissements dans le cadre d’un classement de propreté urbaine. Cette initiative vise à encourager une meilleure gestion des déchets et à renforcer la mobilisation des collectivités locales face à un défi devenu majeur pour la plus grande ville d’Afrique subsaharienne.
SY