Le président nigérian Bola Tinubu a affirmé vendredi que les forces de sécurité du pays avaient neutralisé plus de 13 000 « terroristes » au cours de l'année écoulée, dans le cadre de la lutte contre l'insurrection djihadiste qui secoue le pays depuis plus de quinze ans.

 

S'exprimant lors d'un discours officiel, le chef de l'État a indiqué que le nombre de victimes liées à l'insurrection avait diminué de 81 % depuis son arrivée au pouvoir en 2023. Il n'a toutefois pas précisé si le bilan de 13 000 combattants neutralisés concernait l'année 2025 ou les douze derniers mois.

 

Plus de 124 000 combattants auraient déposé les armes

 

Bola Tinubu a également mis en avant les résultats de l'opération Safe Corridor, un programme de déradicalisation destiné aux anciens membres de groupes armés. Selon lui, plus de 124 000 combattants ainsi que leurs familles ont renoncé à la violence et déposé les armes depuis 2023 dans le cadre de cette initiative.

 

Une insurrection qui dure depuis 2009

 

Le Nigeria demeure confronté à une crise sécuritaire complexe, dont l'origine remonte à 2009 avec le soulèvement du groupe djihadiste Boko Haram dans le nord-est du pays.

Au fil des années, le conflit a favorisé l'émergence de plusieurs groupes armés et provoqué une catastrophe humanitaire majeure. Des dizaines de milliers de personnes ont perdu la vie et plusieurs millions d'autres ont été contraintes de fuir leurs foyers.

 

Une crise sécuritaire aux multiples visages

Au-delà de la menace djihadiste, le Nigeria fait face à d'autres défis sécuritaires. Les affrontements récurrents entre agriculteurs et éleveurs continuent de faire des victimes dans plusieurs régions du centre et du nord du pays. Par ailleurs, les enlèvements contre rançon restent fréquents dans le nord-ouest et le centre.

 

Le pays est également confronté à des tensions séparatistes persistantes dans le sud-est, où des groupes indépendantistes réclament davantage d'autonomie.

 

L'insécurité gagne de nouvelles régions

Longtemps considéré comme relativement épargné par les violences, le sud-ouest du Nigeria est désormais touché à son tour. En mai dernier, plus de 40 élèves et enseignants ont été enlevés dans des établissements scolaires de l'État d'Oyo, illustrant l'extension progressive de l'insécurité vers des zones auparavant plus stables.

Malgré les progrès revendiqués par le gouvernement, les autorités nigérianes restent confrontées à l'un des défis sécuritaires les plus complexes du continent africain, où se mêlent terrorisme, criminalité organisée, conflits communautaires et revendications politiques.