| Alors que les Forces de défense du peuple ougandais multiplient les exercices pour mettre en avant leurs capacités opérationnelles, Kampala envisage de participer à une future Force internationale de stabilisation dans la bande de Gaza. Une perspective qui divise la classe politique ougandaise. |
L’armée ougandaise se retrouve au centre de l’attention après l’approbation par Kampala du principe d’un déploiement de soldats dans la bande de Gaza, dans le cadre d’une future Force internationale de stabilisation. Cette perspective intervient alors que les Forces de défense du peuple ougandais (UPDF) organisent leur concours interarmées d’exercices militaires, destiné à évaluer et mettre en valeur les capacités de leurs différentes unités.
La compétition réunit plusieurs formations de l’armée autour d’épreuves tactiques et physiques. Pour les autorités ougandaises, ces exercices témoignent du niveau de préparation et du professionnalisme des forces armées du pays, déjà engagées dans plusieurs opérations extérieures sur le continent africain.
Le Parlement donne son feu vert
Cette démonstration intervient dans un contexte particulier. Le Parlement ougandais a autorisé la participation de l’armée à une mission internationale envisagée dans le cadre d’un plan de stabilisation de Gaza, après une demande de contribution adressée au président Yoweri Museveni.
Le gouvernement présente cette éventuelle participation comme une nouvelle contribution de l’Ouganda aux efforts de maintien de la paix et de sécurité internationale.
Les responsables militaires mettent notamment en avant l’expérience acquise par les troupes ougandaises lors de missions extérieures, particulièrement en Somalie et dans d’autres zones de conflit.
Des inquiétudes au sein de l’opposition
Mais la perspective de voir des militaires ougandais déployés à Gaza ne fait pas l’unanimité à Kampala. Plusieurs voix de l’opposition s'interrogent sur les risques auxquels les soldats pourraient être confrontés dans un environnement particulièrement instable.
Des députés craignent notamment que les troupes ougandaises soient engagées dans une mission à haut risque alors que la situation sécuritaire dans la bande de Gaza demeure fragile.
Ces réserves alimentent ainsi le débat sur les conséquences militaires et politiques d’un nouvel engagement de l’Ouganda hors de ses frontières.
Plusieurs pays évoqués pour participer à la force
L’Ouganda pourrait rejoindre plusieurs autres pays présentés comme contributeurs potentiels à cette future force internationale. Le Maroc, le Kosovo, l’Albanie et le Kazakhstan figurent notamment parmi les États évoqués.
À ce stade, plusieurs éléments restent toutefois à préciser. Le calendrier d’un éventuel déploiement ainsi que le nombre de militaires ougandais susceptibles d’être mobilisés n’ont pas encore été définis.
Pour Kampala, cette mission pourrait marquer une nouvelle étape dans sa diplomatie militaire et son implication dans les opérations internationales de stabilisation. Pour ses détracteurs, elle ouvre au contraire une nouvelle zone d’incertitude pour une armée déjà engagée sur plusieurs théâtres extérieurs.
POUZE Patrick