Alors que l’Ouganda fait face à une importante épidémie d’Ebola, les défenseurs de l’environnement redoublent de vigilance pour protéger les gorilles de montagne, une espèce emblématique particulièrement vulnérable aux maladies humaines en raison de sa proximité génétique avec l’homme.


 

Les gorilles de montagne partagent en effet plus de 98 % de leur ADN avec les humains, ce qui les expose à plusieurs maladies transmissibles. Bien qu’aucun cas d’Ebola n’ait jamais été enregistré chez les gorilles de montagne en Ouganda, les spécialistes restent sur leurs gardes.

 

 

Selon la vétérinaire et défenseuse de l’environnement Gladys Kalema-Zikusoka, l’épidémie actuelle représente une source majeure de préoccupation, car certaines maladies peuvent être transmises entre les populations humaines et la faune sauvage. Elle souligne toutefois que les gorilles de montagne du parc de Bwindi n’ont, jusqu’à présent, jamais été infectés par le virus Ebola.

 

 

L’experte rappelle également que les gorilles ne sont pas à l’origine de cette maladie. Elle cite notamment les cas observés chez les gorilles des plaines occidentales au Gabon et en République du Congo, où plus de 5 000 individus auraient succombé au virus au cours des trois dernières décennies. Si l’origine exacte d’Ebola demeure inconnue, plusieurs chercheurs soupçonnent les chauves-souris frugivores d’être des réservoirs potentiels du virus.

 

Face à cette situation, l’organisation non gouvernementale Conservation Through Public Health a remis un important lot d’équipements à l’Autorité ougandaise de la faune sauvage afin de renforcer les mesures de prévention dans les zones protégées.

 

 

Le matériel fourni comprend notamment des thermomètres, des équipements de protection contre les intempéries et des téléphones destinés à la collecte de données et à la communication entre les équipes de terrain.

 

 

Pour James Musinguzi, directeur exécutif de l’Autorité ougandaise de la faune sauvage, ces équipements permettront de renforcer la surveillance sanitaire des visiteurs, des gardes forestiers et des animaux, tout en améliorant les capacités de réaction face à d’éventuelles menaces sanitaires.

 

 

L’Ouganda abrite près de la moitié de la population mondiale des gorilles de montagne, principalement dans le parc national impénétrable de Bwindi, l’une des principales destinations écotouristiques du pays.

 

Parallèlement, le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) estime que l’épidémie actuelle d’Ebola en Ouganda et au Congo figure parmi les plus graves enregistrées au cours des premières semaines de propagation. Les autorités sanitaires ont déjà identifié jusqu’à 35 000 contacts potentiels liés à la maladie.

 

 

Selon les dernières données disponibles, l’épidémie a causé 894 cas confirmés et 204 décès, soit un niveau de gravité trois fois supérieur à celui observé lors de l’épidémie qui avait frappé l’Ouganda en 2000 au même stade de son évolution.

 

Au-delà de l’urgence sanitaire, cette situation rappelle l’étroite interdépendance entre la santé humaine et la préservation de la biodiversité. Pour les autorités ougandaises, protéger les populations contre Ebola revient aussi à préserver l’un des trésors naturels les plus précieux du continent africain : les gorilles de montagne.