Edward Rukidi Kijanangoma, présentateur et rédacteur en chef à la télévision publique ougandaise, a été désigné pour monter sur le trône du royaume traditionnel de Tooro. Un choix contesté par plusieurs membres de la famille du défunt souverain Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV.

 

Le royaume de Tooro s’apprête à accueillir un nouveau monarque. Edward Rukidi Kijanangoma, journaliste à la Uganda Broadcasting Corporation (UBC) et cousin du défunt roi Oyo, a été choisi mercredi comme prince héritier à l’issue d’un processus conduit par un comité de sélection. Son couronnement est annoncé cette semaine.

 

Cette désignation intervient après le décès, en août, du roi Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV, à l’âge de 34 ans des suites d’un cancer. Ses funérailles sont prévues le 12 septembre et devraient rassembler des dizaines de milliers de personnes.

 

De la télévision au trône de Tooro

 

Avant sa désignation, Edward Rukidi Kijanangoma exerçait comme présentateur et rédacteur en chef au sein de la chaîne publique ougandaise UBC. Il est désormais appelé à prendre la tête de l’un des cinq royaumes traditionnels reconnus par le gouvernement ougandais, même si ces institutions ne disposent d’aucune souveraineté officielle.

 

Son prédécesseur avait accédé au trône en 1995 à seulement trois ans, ce qui lui avait valu le surnom de « plus jeune roi du monde ».

 

Une succession déjà contestée

 

Le choix d’Edward Rukidi Kijanangoma ne fait toutefois pas l’unanimité au sein de la famille royale. Ruth Komuntale, sœur du défunt souverain, a exprimé sa déception et redoute que cette décision ne provoque des divisions.

 

Elle affirme que le testament de son frère mentionnait l’existence d’un héritier. L’identité de cet enfant, évoqué également par le président ougandais Yoweri Museveni, n’a jamais été rendue publique.

 

Le comité chargé de la succession n’a toutefois pas retenu cet élément et a porté son choix sur le cousin du défunt monarque.

 

La reine mère dénonce le processus

 

La reine mère Best Kemigisa a également contesté les conditions dans lesquelles la succession est organisée. Elle accuse un groupe qu’elle présente comme des membres autoproclamés du clan d’avoir pris le contrôle du processus.

 

Elle affirme par ailleurs que des soldats ont été déployés autour du palais royal, plaçant sa famille dans une situation qu’elle assimile à une « assignation à résidence ». Elle a appelé les responsables de l’armée et le président Yoweri Museveni à intervenir afin que les proches du défunt puissent faire leur deuil dans la sérénité.

 

Alors que le royaume se prépare à enterrer Oyo le 12 septembre, la désignation de son successeur ouvre ainsi une période délicate pour Tooro, entre continuité de la monarchie traditionnelle et contestations au sein de la famille royale.

 

P V