Le Niger et la Chine ont signé, lundi 18 mai à Niamey, plusieurs accords dans le secteur pétrolier, marquant une nouvelle étape dans leurs relations après plusieurs mois de tensions autour des contrats énergétiques.
L’annonce a été faite par le Premier ministre nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeine, à travers un message publié sur sa page Facebook à l’issue de la cérémonie de signature.
Selon le chef du gouvernement nigérien, ces accords ouvrent « une nouvelle dynamique » dans le partenariat entre les deux pays et apportent des avancées importantes pour l’économie nigérienne.
Parmi les principales mesures annoncées figure la réduction du coût de transport du pétrole brut nigérien via le pipeline d’exportation. Ce tarif passera de 27 dollars à 15 dollars par baril, permettant ainsi au Niger de réaliser des économies estimées à plus de 106 millions de dollars par an, selon l’Agence nigérienne de presse.
Les nouveaux accords prévoient également une participation accrue du Niger dans la société WAPCO, chargée de la commercialisation du pétrole brut sur le marché international. Désormais, l’État nigérien détiendra 45 % des parts de cette société, alors qu’il ne disposait jusque-là d’aucune participation effective.
Le gouvernement nigérien a aussi indiqué que les revenus issus des exportations pétrolières seront rapatriés afin de renforcer l’économie nationale et les institutions du pays.
Par ailleurs, ces accords ouvrent la voie à de nouveaux investissements stratégiques dans les projets pétroliers de Dinga Deep et d’Abolo-Yogou. Les autorités ambitionnent de porter la production nationale à 145 000 barils par jour d’ici 2029.
Le Niger exploite le pétrole du bloc d’Agadem, situé dans la région de Diffa, depuis 2011 avec comme principal partenaire la China National Petroleum Corporation. La production initiale était de 20 000 barils par jour avant d’atteindre 90 000 barils quotidiens en 2024.
Le pays a commencé à exporter son pétrole brut sur le marché international grâce à un pipeline d’environ 2 000 kilomètres construit par la CNPC, reliant les champs pétroliers d’Agadem au port béninois de Sèmè-Podji.
Après le coup d’État du 26 juillet 2023, les autorités nigériennes avaient toutefois remis en cause plusieurs clauses des accords pétroliers conclus avec la Chine et demandé leur révision. Face aux désaccords entre les deux parties, les tensions s’étaient accentuées.
En mars 2025, le gouvernement nigérien avait même ordonné aux dirigeants des sociétés chinoises de quitter le territoire et exigé la fin des contrats des expatriés chinois comptant plus de quatre années de service dans le pays.