L’opération « Filet Vert du Nord », menée dimanche 6 septembre 2026 à Oumbolo et Tangafla, a permis de démanteler plusieurs installations minières clandestines. Aucun suspect n’a toutefois été interpellé.


 

La Brigade spéciale de surveillance et d’intervention (BSSI) a détruit deux sites d’orpaillage illégal dans la région du Poro, au nord de la Côte d’Ivoire. L’intervention, conduite dimanche 6 septembre 2026, a visé les localités d’Oumbolo et de Tangafla, situées respectivement à 37 et 39 kilomètres de Korhogo.

Baptisée « Filet Vert du Nord », l’opération avait pour objectif de démanteler des installations clandestines d’extraction et de traitement de minerai, présentées comme difficilement accessibles par les autorités.

Un dispositif de 55 agents déployé

Placée sous la conduite du commandant Ouraga Ouayou Joël, la mission a mobilisé 55 agents ainsi qu’un dispositif logistique composé de camions, de véhicules tout-terrain et de motos.

À Oumbolo, les agents ont découvert un complexe minier clandestin équipé de matériels lourds. À Tangafla, l’intervention a ciblé un site servant au traitement de sable aurifère.

Selon le compte rendu de l’opération, ces deux zones disposaient d’un réseau de surveillance et d’alerte permettant aux exploitants clandestins d’être informés de l’arrivée des forces de contrôle.

Une progression à pied sur dix kilomètres

L’accès au site d’Oumbolo s’est révélé particulièrement difficile. Les agents de la BSSI ont dû parcourir environ dix kilomètres à pied à travers un terrain contraignant, après avoir franchi trois points de contrôle tenus, selon les autorités, par des chasseurs traditionnels dozos.

Malgré la discrétion du dispositif, l’alerte aurait été donnée avant l’arrivée de l’équipe. Les personnes présentes sur le site ont ainsi pris la fuite.

À Tangafla, cinq motos ont été utilisées pour conduire une infiltration rapide. Les exploitants avaient également quitté les lieux avant l’arrivée du détachement.

Plusieurs équipements détruits

Aucune interpellation n’a été enregistrée au cours de l’opération. Les agents ont néanmoins procédé à la destruction des installations et du matériel trouvés sur les deux sites.

Selon le bilan communiqué, 55 concasseurs, 122 abris de fortune, 23 motopompes, 35 raccords, 57 treuils, 50 laveries et 42 tapis de lavage ont été détruits.

Les équipes ont également déchiré 523 sacs de minerai et détruit sept brouettes, cinq bobines ainsi que trois bidons contenant du cyanure. Trois motos ont par ailleurs été incendiées. Les treuils détruits ont été jetés dans les puits, précise le compte rendu.

Protéger les cours d’eau et les écosystèmes

L’opération s’inscrit dans la stratégie du ministère des Eaux et Forêts visant à lutter contre l’exploitation clandestine de l’or. Cette activité est notamment accusée de provoquer la dégradation des sols, la destruction des écosystèmes et la pollution des cours d’eau par des substances chimiques dangereuses.

Le ministère a réaffirmé sa volonté de poursuivre ces interventions sur l’ensemble du territoire national. Il invite également les populations à collaborer avec les services compétents afin de faciliter l’identification et le démantèlement des sites clandestins.