Un violent incendie ayant touché des habitations et deux écoles de Bukavu, dans l’est de la République démocratique du Congo, a fait au moins 26 morts et 25 blessés parmi les enfants. Une bousculade meurtrière s’est produite lorsque les élèves ont tenté d’échapper aux flammes.
Au moins 26 enfants ont perdu la vie dans un incendie survenu jeudi 10 septembre 2026 à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo. Le sinistre a touché des habitations ainsi que les écoles Furaha et Ujamaa, selon un bilan communiqué par l’UNICEF.
L’organisation onusienne fait également état de 25 enfants blessés, actuellement pris en charge dans des structures sanitaires.
Le feu s’est déclaré dans la matinée, alors que les enfants étaient en classe. La progression rapide des flammes et l’épaisse fumée ont provoqué un mouvement de panique dans les établissements.
Certains élèves ont tenté de s’échapper en sautant par les fenêtres des étages supérieurs. D’autres se sont précipités vers les portes, provoquant une bousculade.
« Au milieu du cours, j’ai soudain entendu les élèves crier. Certains sautaient des étages supérieurs, tandis que d’autres tentaient de fuir par les portes », a raconté Simon Kasamira, enseignant à l’école primaire Ujamaa et lui-même hospitalisé après le drame.
Selon un rapport des inspecteurs du ministère congolais de l’Éducation, plusieurs enfants tombés dans la cohue ont été piétinés, tandis que d’autres, restés prisonniers des bâtiments, sont morts par asphyxie.
L’incendie ne s’est pas limité aux établissements scolaires. Il a également ravagé plusieurs centaines d’habitations dans ce quartier densément peuplé, où de nombreux bâtiments sont construits en bois et avec d’autres matériaux facilement inflammables.
Des habitants ont fouillé les décombres à la recherche de survivants pendant qu’une épaisse fumée continuait de s’élever du site. D’après les autorités éducatives, trois foyers d’incendie se seraient déclarés simultanément à environ 500 mètres les uns des autres. L’origine exacte du sinistre reste toutefois inconnue.
L’AFC/M23, qui contrôle Bukavu depuis février 2025, a décrété trois jours de deuil. Selon le groupe armé, les victimes seraient 20 filles et six garçons. Toutefois, d’autres sources locales ont communiqué une répartition différente, ce qui appelle à la prudence tant qu’un bilan nominatif définitif n’a pas été établi.
Les autorités de Kinshasa et l’administration locale mise en place par l’AFC/M23 ont annoncé des enquêtes afin de déterminer les causes de l’incendie.
Le drame a provoqué une vive émotion à travers la RDC. Le médecin congolais Denis Mukwege, prix Nobel de la paix, a appelé à l’adoption de « mesures urgentes » et au déploiement d’une aide humanitaire en faveur des familles touchées.
L’UNICEF a annoncé travailler avec ses partenaires pour apporter un soutien psychologique aux enfants et aux familles, tout en facilitant la poursuite de la scolarité des élèves sinistrés. Onze enfants séparés de leurs parents après l’incendie ont déjà pu retrouver leurs familles.
Dans une ville régulièrement confrontée à des incendies meurtriers et disposant de moyens de secours limités, cette nouvelle tragédie rappelle l’urgence de renforcer la sécurité des établissements scolaires et la protection des populations.
Brice Morice