| En République démocratique du Congo, l’inhumation des victimes d’Ebola constitue un défi majeur pour les équipes chargées des « enterrements dignes et sûrs ». À Rwankole, en Ituri, ces professionnels doivent faire face à la multiplication des décès, aux risques d’exposition au virus et parfois à l’hostilité des communautés. |
En République démocratique du Congo (RDC), les équipes chargées d’enterrer les personnes décédées d’Ebola travaillent sous forte pression. À Rwankole, dans la province de l’Ituri, la multiplication des décès impose un rythme soutenu aux agents chargés d’assurer des inhumations dans des conditions sécurisées.
Selon les données gouvernementales publiées mercredi, l’épidémie d’Ebola qui frappe le pays a fait plus de 3 000 morts sur plus de 6 000 cas confirmés.
Une course contre la montre
Face au nombre élevé de décès, les équipes d’inhumation doivent intervenir rapidement tout en respectant les mesures destinées à limiter les risques de transmission du virus.
« Les enterrements pendant cette épidémie d’Ebola sont très compliqués. Nous sommes dans une course contre la montre, et il y a beaucoup de décès, tant de personnes meurent », témoigne Benjamin Muhindo, membre de l’équipe « Enterrements dignes et sûrs ».
Ces professionnels sont eux-mêmes exposés au virus dans l’exercice de leur mission. Leur travail consiste notamment à prendre en charge les dépouilles tout en évitant qu’elles ne deviennent une source supplémentaire de contamination.
Des équipes confrontées aux menaces
À cette pression sanitaire s’ajoutent les difficultés rencontrées auprès de certaines communautés. Des familles réclament parfois la restitution des corps de leurs proches afin de pouvoir organiser les funérailles conformément aux coutumes locales.
Les membres des équipes chargées des enterrements peuvent alors être confrontés au rejet, aux menaces et, dans certains cas, à des agressions physiques.
« La plupart du temps, nous sommes confrontés à des menaces, et la plupart du temps, ces menaces sont verbales. Il arrive aussi souvent qu’elles soient physiques, mais c’est moins fréquent, car, au fil du temps, les gens commencent à comprendre de quoi il s’agit », explique Adolphe Yuma Tumba, également membre de l’équipe « Enterrements dignes et sûrs ».
Un nouveau cas signalé à Lubero
La situation intervient alors qu’un nouveau cas d’Ebola a été enregistré à Lubero, dans la province du Nord-Kivu, une zone contrôlée par les rebelles de l’AFC/M23.
Le groupe a annoncé ce nouveau cas plus de deux mois après avoir déclaré la fin de l’épidémie sur le territoire qu’il contrôle.
Entre la multiplication des décès, les risques sanitaires et les tensions avec certaines communautés, les équipes chargées des enterrements restent ainsi en première ligne face à l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo.
KR