L’épidémie d’Ebola continue de gagner du terrain en République démocratique du Congo. Les autorités sanitaires ont annoncé près de 40 nouveaux décès en l’espace de 24 heures, portant à 438 le nombre de morts depuis le début de la flambée, dans un contexte marqué par l’insécurité et les violences qui compliquent la riposte.

 

L'épidémie d'Ebola poursuit sa progression en République démocratique du Congo (RDC). Selon le dernier bulletin publié jeudi par le ministère de la Santé, près de 40 nouveaux décès ont été enregistrés en 24 heures, portant le bilan à 438 morts depuis la déclaration de l'épidémie le 15 mai.

 

Le pays totalise désormais 1.406 cas confirmés, avec un taux de létalité estimé à 31,2 %. La maladie touche actuellement 34 zones de santé réparties dans les provinces de l'Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

 

Les autorités sanitaires ont également annoncé que la zone de santé de Lolwa, en Ituri, est désormais touchée, confirmant l'extension de l'épidémie dans cette province considérée comme l'épicentre de la flambée actuelle.

 

À ce jour, 192 personnes ont été déclarées guéries, tandis que 609 patients restent hospitalisés ou placés en isolement.

 

Une riposte confrontée à de nombreux obstacles

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le bilan réel pourrait être plus élevé. Plusieurs décès survenus avant la déclaration officielle de l'épidémie font encore l'objet d'investigations, ce qui pourrait conduire à une réévaluation du taux de létalité.

 

Le ministère de la Santé explique les difficultés rencontrées dans la lutte contre Ebola par l'insécurité persistante, les déplacements de populations, la méfiance de certaines communautés et la forte pression exercée sur les structures sanitaires confrontées à la souche Bundibugyo du virus.

 

La situation s'est davantage tendue mardi dans la province de l'Ituri, où deux personnes, dont un policier, ont perdu la vie lors de violences. Un centre de traitement d'Ebola a également été incendié après un différend lié à la prise en charge du corps d'un homme soupçonné d'avoir succombé à la maladie.

 

Selon les médias locaux, les incidents se sont produits dans la zone de santé de Nia-Nia, dans le territoire de Mambasa, où des habitants ont refusé de remettre aux équipes médicales le corps d'une personne présumée morte d'Ebola afin qu'elle soit inhumée conformément aux protocoles sanitaires.

 

Face à cette crise, le président Félix Tshisekedi a annoncé un plan national de riposte évalué à 319 millions de dollars. De leur côté, les bailleurs de fonds et les partenaires internationaux ont promis une enveloppe de 910 millions de dollars pour soutenir les efforts de lutte contre Ebola en RDC et en Ouganda, où 20 cas confirmés ont également été recensés, selon les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique).

 

Au-delà de la réponse médicale, les autorités congolaises restent confrontées au défi de restaurer la confiance des populations dans les zones affectées, un facteur jugé essentiel pour freiner la propagation de l'épidémie et améliorer l'efficacité des interventions sanitaires.

 

KR