| La République démocratique du Congo fait face à une épidémie d’Ebola d’une ampleur sans précédent dans le pays. Entre le 6 et le 13 octobre 2026, 338 nouvelles infections confirmées et 176 décès supplémentaires ont été enregistrés, selon les derniers bilans communiqués. |
L’épidémie d’Ebola continue de progresser en République démocratique du Congo (RDC). Le dernier bilan national, arrêté au 13 octobre 2026, fait état de 9 066 infections confirmées et de 4 381 décès, contre respectivement 8 728 cas et 4 205 morts au 6 octobre, selon les données rapportées de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Cette hausse témoigne d’une accélération de la propagation au cours de la dernière semaine. Déclarée en mai 2026, l’épidémie est provoquée par le virus Bundibugyo. Elle constitue désormais, selon les données présentées, la plus vaste et la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC, dépassant celle de 2018 à 2020.
À l’échelle mondiale, cette flambée reste toutefois derrière l’épidémie d’Ebola qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016, avec plus de 28 600 personnes infectées et plus de 11 000 décès.
L’Ituri, principal foyer de l’épidémie
Dans son point de situation arrêté au 6 octobre, l’OMS signalait des cas confirmés dans 64 zones de santé réparties sur sept provinces. Parmi elles, 48 avaient enregistré au moins une infection au cours des 21 jours précédents, signe d’une circulation toujours active du virus.
La province de l’Ituri demeurait l’épicentre de l’épidémie, avec 6 480 cas confirmés et 2 989 décès. Elle était suivie du Nord-Kivu, qui comptabilisait 1 755 cas et 1 013 morts.
Les zones de Beni et de Katwa figuraient également parmi les secteurs les plus touchés, aux côtés de Rwampara, Bunia et Mandima, en Ituri.
La surveillance des contacts, un défi majeur
La recherche et le suivi des personnes ayant été en contact avec les malades constituent un enjeu central pour contenir la transmission. Au 4 octobre, 23 741 contacts avaient été joints sur un total de 29 535, soit une couverture de 80,4 %. Ce taux reste inférieur à l’objectif de 85 % fixé pour améliorer l’identification des personnes exposées et interrompre les chaînes de contamination.
La riposte sanitaire est également confrontée à l’absence de vaccin homologué et de traitement spécifique approuvé contre la souche Bundibugyo. Les équipes médicales s’appuient notamment sur l’isolement rapide des malades, les soins de soutien, la recherche des contacts et les mesures de prévention des infections.
Un risque de propagation au-delà des frontières
L’épidémie a également suscité des inquiétudes dans les pays voisins. Début octobre, le Kenya a signalé un premier cas importé chez un ressortissant arrivé de RDC en passant par l’Ouganda. La personne est décédée à Nairobi le 5 octobre.
Les autorités kényanes et ougandaises ont engagé des opérations de recherche des contacts afin de limiter les risques de transmission. L’Ouganda avait, pour sa part, été déclaré exempt d’Ebola en août, après avoir enregistré 20 cas et deux décès plus tôt dans l’année.
Face à cette situation, le renforcement de la surveillance épidémiologique, l’identification rapide des personnes exposées et la coordination entre les pays concernés demeurent essentiels pour limiter la propagation du virus.
Alors que le bilan continue de s’alourdir en RDC, l’évolution de l’épidémie dépendra notamment de la capacité des autorités sanitaires à détecter rapidement les nouveaux cas, à assurer le suivi des contacts et à renforcer les mesures de prévention dans les zones touchées.
TALLEB DE LA