Le gouvernement congolais a adopté un décret instituant officiellement la Task Force RDC-USA. Déjà active depuis juin, cette structure doit accélérer la mise en œuvre des engagements conclus avec Washington, notamment dans les minerais critiques, les investissements et la coopération économique.

 

La République démocratique du Congo (RDC) veut donner un nouvel élan à son partenariat stratégique avec les États-Unis. Réuni le 11 septembre, le gouvernement congolais a adopté un décret portant création formelle de la Task Force RDC-USA, chargée d’accélérer l’exécution des engagements pris avec Washington.

 

Cette décision intervient après plusieurs mois de retard administratif et vise à transformer les accords conclus entre les deux pays en projets et investissements concrets.

 

Les minerais critiques au cœur du dispositif

 

Selon le compte rendu du Conseil des ministres, le mécanisme doit notamment permettre d’accélérer les initiatives liées aux minerais critiques, aux investissements et à la coopération économique.

 

La RDC occupe une position stratégique dans les chaînes mondiales d’approvisionnement en minerais critiques, notamment grâce à ses importantes ressources en cobalt et en cuivre. Ces deux matières premières sont au cœur des enjeux internationaux liés à la sécurisation des approvisionnements industriels.

 

Le partenariat avec les États-Unis a déjà donné lieu à plusieurs initiatives. Il a notamment débouché sur un investissement soutenu par Washington via Virtus Minerals, ainsi que sur l’élargissement d’accords de commercialisation du cuivre conclus entre la Gécamines et les négociants Mercuria et Glencore.

 

Un mécanisme déjà opérationnel depuis juin

 

L’adoption du décret ne constitue toutefois pas le point de départ de la coordination entre Kinshasa et Washington.

 

La Première ministre congolaise, Judith Suminwa, avait présidé le 11 juin une première réunion de la Task Force. À cette occasion, le gouvernement avait indiqué avoir reçu une première liste de réserves d’actifs stratégiques et soumis une cinquantaine de projets de développement à la partie américaine.

 

Cette première étape avait ainsi permis d’engager le travail de coordination avant sa formalisation juridique par le décret adopté en septembre.

 

Kinshasa veut diversifier ses sources de financement

 

Le ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, avait également précisé que le partenariat avec les États-Unis ne reposait pas uniquement sur des financements américains.

 

Pour les projets de grande envergure, notamment Inga, Kinshasa et Washington prévoient de coordonner la mobilisation de ressources auprès d’autres investisseurs et partenaires financiers.

 

Cette approche doit permettre à la RDC de diversifier ses sources de financement et d’attirer davantage de capitaux occidentaux dans son secteur minier.

 

Le cuivre congolais gagne du terrain aux États-Unis

 

Cette accélération intervient alors que les exportations congolaises vers les marchés occidentaux prennent une importance croissante.

 

Début septembre, la RDC s’était imposée comme le deuxième fournisseur majeur de cuivre des États-Unis, dans un contexte marqué par une hausse des importations américaines.

 

Avec la formalisation de la Task Force, Kinshasa entend désormais renforcer le suivi des engagements pris avec Washington et accélérer leur traduction en investissements et projets concrets. Le décret adopté le 11 septembre figure parmi les sept textes approuvés par le Conseil des ministres dans plusieurs secteurs.

 

POUZE PATRICK