| Réunis à Abidjan à l'initiative de l'ONG OPESEA-Vie, des acteurs de la société civile, des juristes, des journalistes et des organisations féminines ont appelé les autorités à inscrire l'équité de genre au cœur de la réforme du Code minier ivoirien. |

Les femmes doivent-elles continuer à être les grandes oubliées de l'industrie extractive ivoirienne ? C'est autour de cette interrogation que se sont retrouvés, mardi 21 juillet, plusieurs acteurs de la société civile au Centre de recherche et d'action pour la paix (CERAP) de Cocody.

À l'initiative de l'ONG OPESEA-Vie, avec le soutien technique et financier d'Urgent Action Fund Africa, un atelier de mobilisation médiatique et digitale a été organisé pour attirer l'attention sur les enjeux de la révision du Code minier de 2014.
Dans une salle acquise à la cause de l'inclusion, journalistes, juristes, représentantes d'organisations féminines et spécialistes du secteur minier ont multiplié les échanges pour défendre une réforme qui tienne davantage compte des réalités vécues par les femmes dans les zones d'exploitation.
Un Code minier jugé insuffisant sur la question du genre |
Ouvrant les travaux, le président de l'ONG OPESEA-Vie, Vazoumana Koné, a rappelé que la révision du Code minier représente une occasion historique de corriger les insuffisances du texte adopté en 2014.
S'il reconnaît les avancées techniques introduites dans le projet de réforme, il estime néanmoins que celui-ci reste silencieux sur une question essentielle : l'intégration de l'équité de genre dans la gouvernance du secteur extractif.
Pour lui, ce plaidoyer intervient à un moment décisif, alors que le texte est encore en discussion. Il a également indiqué que la société civile n'avait pas été associée dès le début du processus de révision avant d'être finalement intégrée aux consultations grâce aux démarches engagées auprès du ministère des Mines.
« Le futur Code minier doit garantir une meilleure participation des femmes et protéger leurs droits », a-t-il déclaré, appelant les décideurs à saisir cette opportunité pour bâtir une législation plus équitable.
Les femmes réclament des mesures concrètes |
Les interventions qui ont suivi ont mis en lumière les nombreux obstacles auxquels les femmes continuent d'être confrontées dans le secteur minier.
Pour Marina Seï, présidente du Réseau des Femmes du Secteur Minier de Côte d'Ivoire (FEMICI), la réforme en cours doit aller au-delà des principes et se traduire par des mesures concrètes favorisant l'accès des femmes aux postes de responsabilité, aux formations spécialisées, aux financements et aux opportunités économiques.
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Le même constat est partagé par Yépié Edwige, juriste à l'Organisation des Femmes Actives de Côte d'Ivoire (OFACI). Selon elle, les femmes restent très peu présentes dans les mines industrielles, alors même qu'elles subissent de plein fouet les conséquences sociales et économiques de l'exploitation minière .
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Elle a notamment évoqué les difficultés d'accès aux indemnisations lors de la perte de terres agricoles, ainsi que les risques de violences basées sur le genre auxquels les femmes sont exposées dans plusieurs zones minières.

Pour répondre à ces défis, elle préconise l'intégration d'une analyse de genre dans les études d'impact environnemental et social, la mise en place de dispositifs de prévention des violences, la fourniture d'équipements adaptés aux travailleuses et un accompagnement renforcé des jeunes filles souhaitant intégrer les métiers des mines.
Construire une industrie extractive plus inclusive |
Présente à cette rencontre, Augou Carine, représentante de Women in Mining Côte d'Ivoire (WIMCI), a estimé que la réforme du Code minier offre une occasion unique de construire une industrie extractive plus inclusive, plus responsable et plus durable.
Elle a réaffirmé la disponibilité de son organisation à accompagner les pouvoirs publics afin que les préoccupations des femmes soient pleinement intégrées dans le futur dispositif législatif.
Une campagne nationale pour influencer les débats |
Au terme de la rencontre, OPESEA-Vie et ses partenaires ont officiellement donné le coup d'envoi d'une campagne médiatique et digitale de quatre semaines sous le slogan #MonCodeMinierInclusif.
À travers cette mobilisation, les organisations de la société civile entendent maintenir la pression sur les pouvoirs publics, les parlementaires et l'ensemble des acteurs impliqués dans l'examen du futur Code minier. Leur ambition est de voir émerger un cadre légal qui garantisse une participation accrue des femmes, protège efficacement leurs droits et leur ouvre un accès plus équitable aux opportunités offertes par le secteur extractif.
Pour les initiateurs de cette campagne, le développement de l'industrie minière ivoirienne ne pourra être pleinement durable que s'il repose sur une gouvernance inclusive où les femmes occupent toute leur place.
Traoré Daouda