Face à la recrudescence des dépôts d’ordures dans plusieurs communes d’Abidjan, le ministre de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité, Dr Amédé Koffi Kouakou, a donné un délai de 72 heures aux opérateurs chargés de la collecte des déchets pour rétablir la propreté dans la capitale économique ivoirienne.
Réunis ce lundi 1er juin au cabinet du ministre, les principaux acteurs du secteur de la salubrité urbaine ont été sommés de prendre les mesures nécessaires afin de mettre fin à l’accumulation des déchets ménagers observée dans plusieurs quartiers d’Abidjan. À l’issue de cette rencontre, les opérateurs ont unanimement pris l’engagement de respecter le délai fixé par l’autorité ministérielle, selon un communiqué du ministère.
Depuis 2018, la collecte des déchets solides ménagers dans le District autonome d’Abidjan est assurée dans le cadre d’une délégation de service public confiée à deux opérateurs privés : ECO EBURNIE, filiale du groupe portugais MOTA ENGIL, et ECOTI.SA. La gestion du Centre d’enfouissement technique (CET) de Kossihouen est, quant à elle, assurée par CLEAN EBURNIE. Ces structures interviennent sous la supervision de l’Agence nationale de gestion des déchets (ANAGED) et du ministère de tutelle.
Cette mise en demeure intervient dans un contexte marqué par une forte pression sur le système de gestion des déchets. Avec une population dépassant les cinq millions d’habitants dans son agglomération, Abidjan produit quotidiennement plus de 5 000 tonnes de déchets. Toutefois, selon les données d’UN-Habitat, seulement environ 3 000 tonnes seraient effectivement collectées chaque jour.
La situation devient particulièrement préoccupante durant la saison des pluies, période au cours de laquelle les amas d’ordures favorisent l’obstruction des caniveaux, augmentent les risques d’inondation et exposent les populations à diverses menaces sanitaires. Les communes densément peuplées comme Yopougon, Abobo et Adjamé figurent parmi les plus touchées.
Un ministre rompu aux grands projets d’infrastructures
Ingénieur de génie civil, Dr Amédé Koffi Kouakou est né le 26 mars 1966 à Divo. Major de sa promotion à l’École nationale supérieure des travaux publics (ENSTP) de Yamoussoukro en 1992, il revendique près de quarante années d’expérience dans le domaine des travaux publics.
Entré au gouvernement en 2017 en qualité de ministre des Infrastructures économiques, il a ensuite dirigé le ministère de l’Équipement et de l’Entretien routier à partir de 2023. Le 23 janvier 2026, à la faveur du remaniement du gouvernement Mambé II, il a été nommé ministre de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité, succédant à Bouaké Fofana.
Une problématique récurrente malgré les engagements
La question de la salubrité à Abidjan demeure un défi récurrent. En juillet 2022 déjà, l’ancien ministre Bouaké Fofana avait convoqué les mêmes opérateurs afin de leur rappeler leurs obligations face à une dégradation similaire de la propreté urbaine. Malgré les engagements pris à l’époque, les difficultés persistent.
Parmi les principales contraintes figurent la saturation progressive du Centre d’enfouissement technique de Kossihouen, l’insuffisance du parc de camions de collecte, les difficultés d’accès à certaines zones précaires ainsi que le manque de ressources financières consacrées au service public de gestion des déchets.
Selon UN-Habitat, le budget annuel consacré par l’État à la gestion des déchets solides dans le district d’Abidjan est estimé à environ 42 milliards de FCFA. Un montant que plusieurs spécialistes du secteur jugent insuffisant au regard des volumes de déchets produits chaque jour.
L’efficacité de l’ultimatum lancé par le ministre sera observée dans les prochains jours, la date limite fixée aux opérateurs expirant le jeudi 4 juin.
SY