Un consortium d’organisations de la société civile a décidé de faire de la santé et de la dignité menstruelles une priorité. Réunies au sein de l’Alliance pour la dignité menstruelle, ces ONG ont officiellement lancé le projet intitulé « Sang pour sang pour la santé et la dignité menstruelles », lors d’une cérémonie organisée le samedi 15 novembre 2025 à l’hôtel La Rose Blanche, à Cocody, dans la commune d’Abidjan.

Prévu pour une durée d’un an, le projet s’articulera autour d’actions de sensibilisation et de plaidoyer déployées sur l’ensemble du territoire national. Pour atteindre efficacement ses objectifs, le consortium a choisi d’associer les professionnels des médias ainsi que les influenceurs à sa démarche. C’est dans cette optique qu’un atelier de formation leur a été consacré.

 

Organisée dans la salle « Djembé » du complexe hôtelier, cette session visait à renforcer les connaissances des participants sur les différentes thématiques liées à la menstruation. Les échanges ont notamment porté sur la santé menstruelle, la dignité menstruelle, l’aménorrhée et d’autres notions essentielles permettant une meilleure compréhension des enjeux.

 

Les activités prévues dans le cadre du projet comprendront des ateliers éducatifs, des forums communautaires, des campagnes nationales de sensibilisation dans les écoles, les communautés et les médias. Le programme prévoit également la distribution de kits menstruels ainsi que la promotion de solutions locales et durables adaptées aux besoins des populations.

 

Par ailleurs, des études et des collectes de données seront réalisées afin d’identifier les besoins et les perceptions liés à la menstruation. Les résultats serviront de base à des actions de plaidoyer auprès des autorités en vue d’une meilleure intégration de la santé menstruelle dans les politiques publiques.

 

À travers cette initiative, les organisations engagées ambitionnent d’améliorer les infrastructures d’hygiène dans les écoles, les marchés, les prisons et les espaces communautaires. Elles souhaitent également contribuer à la réduction de l’absentéisme scolaire des jeunes filles lié aux menstruations et lutter contre les tabous ainsi que les stigmatisations entourant cette réalité biologique.

 

Le projet s’adresse à l’ensemble des personnes en âge de menstruation. Parmi les résultats attendus figure la création d’un environnement favorable à la dignité menstruelle, où chaque personne concernée pourra vivre cette période sans honte ni discrimination, avec un accès facilité à l’information, aux produits d’hygiène et à des solutions adaptées à moindre coût.

 

Selon la présidente de l’ONG Soutien aux mères et enfants en détresse de Côte d’Ivoire (SMED-CI), Touré Madoussou, cette initiative est née d’un constat alarmant effectué lors d’une visite au pôle pénitentiaire d’Abidjan. À cette occasion, les membres de l’organisation ont découvert que plusieurs femmes détenues ne pouvaient pas vivre leurs menstruations dans des conditions dignes.

 

« Nous avons constaté que des femmes incarcérées ne peuvent pas faire leur menstruation en toute dignité. Cette situation est inacceptable et choquante », a-t-elle déploré.

 

Le consortium est composé de quatre organisations : Soutien aux mères et enfants en détresse de Côte d’Ivoire (SMED-CI), chef de file du projet, Jeunesse féminine active (JFA), Arc-en-ciel du bonheur et Organisation pour la réflexion et l’action féministe (ORAF). Ensemble, elles plaident notamment pour une réduction significative du coût des serviettes hygiéniques, souhaitant voir le paquet commercialisé à 100 F CFA au lieu de 500 F CFA.

 

Au-delà de la sensibilisation, cette campagne entend ouvrir le débat sur l’accès équitable aux produits menstruels et sur la nécessité d’inscrire durablement la dignité menstruelle parmi les priorités sociales et sanitaires de la Côte d’Ivoire.

 

S E