Le Niger et la Chine ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération énergétique avec la signature, lundi 18 mai 2026 à Niamey, de plusieurs accords dans le secteur pétrolier, après plusieurs mois de tensions entre les deux partenaires.

Dans un message publié sur sa page Facebook, le Premier ministre nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeine, a indiqué avoir présidé la cérémonie de signature de plusieurs protocoles d’accord entre la République du Niger et des partenaires chinois du secteur pétrolier.

Selon lui, cette signature marque « une nouvelle dynamique » dans les relations entre Niamey et Pékin. Les nouveaux accords devraient notamment permettre une réduction importante des coûts liés au transport du pétrole brut via le pipeline d’exportation, avec à la clé des économies substantielles pour l’État nigérien.

Le chef du gouvernement nigérien a également précisé que ces accords prévoient une participation plus importante du Niger au sein de la société WAPCO, chargée de la commercialisation du pétrole brut sur le marché international. Ils incluent aussi le rapatriement des revenus issus des exportations pétrolières afin de renforcer l’économie nationale et les institutions du pays.

Par ailleurs, ces nouveaux engagements ouvrent la voie à des investissements stratégiques dans les projets pétroliers de Dinga Deep et d’Abolo-Yogou. Les autorités nigériennes ambitionnent ainsi de porter la production nationale à 145 000 barils par jour d’ici 2029.

D’après l’Agence nigérienne de presse (ANP), les nouveaux accords permettront de réduire le coût du transport du pétrole brut nigérien de 27 à 15 dollars par baril. Cette baisse pourrait générer plus de 106 millions de dollars d’économies par an pour le Niger.

Le pays obtiendra également 45 % des parts de la société WAPCO, alors qu’il ne détenait jusque-là aucune participation effective dans cette structure stratégique. Le Niger exploite son pétrole depuis 2011 dans les gisements du bloc d’Agadem, situés dans la région de Diffa, avec comme principal partenaire la China National Petroleum Corporation. La production initiale était de 20 000 barils par jour avant d’atteindre 90 000 barils quotidiens en 2024.

Depuis cette période, le pays exporte son pétrole brut sur le marché international grâce à un pipeline d’environ 2 000 kilomètres construit par la CNPC, reliant Agadem au port béninois de Sèmè-Podji. Toutefois, après le coup d’État du 26 juillet 2023, les nouvelles autorités nigériennes avaient exprimé des réserves sur certaines clauses des accords pétroliers conclus avec la Chine et demandé leur révision. Face aux divergences entre les deux parties, les tensions s’étaient accentuées.

En mars 2025, le gouvernement nigérien avait notamment demandé aux dirigeants des sociétés chinoises de quitter le territoire et exigé la fin des contrats des expatriés chinois totalisant plus de quatre années de service au Niger.