Dakar prépare une nouvelle stratégie nationale visant à améliorer la productivité énergétique de 50 % d’ici 2050 et de 70 % d’ici 2063, conformément aux objectifs continentaux. Le plan prévoit des actions dans l’industrie, les transports, le bâtiment, l’agriculture et les ménages.

 

Le Sénégal accélère ses efforts en faveur de la maîtrise de l’énergie. Selon l’Agence sénégalaise pour l’économie et la maîtrise de l’énergie (AEME), le pays dispose des moyens nécessaires pour atteindre les objectifs africains d’amélioration de la productivité énergétique, fixés à 50 % d’ici 2050 et à 70 % d’ici 2063.

 

Cette ambition a été présentée lors d’un atelier organisé à Dakar, consacré aux résultats de l’élaboration de la nouvelle Stratégie nationale d’efficacité énergétique à l’horizon 2050 et de son plan d’action, désignés sous l’acronyme NEESAP. Les travaux portent également sur les lignes directrices relatives à la performance énergétique des bâtiments et sur la définition d’exigences minimales en la matière.

 

Vingt-six actions prioritaires identifiées

 

D’après l’AEME, les résultats des travaux montrent que le Sénégal pourrait atteindre ces objectifs grâce à la mise en œuvre de 26 actions phares ciblant plusieurs secteurs stratégiques.

 

Les mesures envisagées concernent notamment l’industrie et les services, les bâtiments, l’agriculture, les transports, la cuisson domestique, les usages résidentiels et l’offre d’énergie.

 

L’objectif est d’améliorer l’utilisation des ressources énergétiques, de limiter les gaspillages et de renforcer la compétitivité économique dans un contexte marqué par la hausse des coûts de l’énergie.

 

Une soixantaine de représentants des pouvoirs publics, du secteur privé, des institutions financières, des organisations professionnelles et des partenaires au développement ont pris part à la présentation des résultats. Les échanges ont permis d’ajuster les mesures proposées afin de mieux les adapter aux priorités socio-économiques du pays.

 

Un programme soutenu par des partenaires internationaux

 

La stratégie NEESAP a été élaborée en partenariat avec la Commission africaine de l’énergie (AFREC), avec l’assistance technique du Programme continental de l’énergie en Afrique (CEPA), financé par l’Union européenne.

 

Le document doit encore être affiné et finalisé en tenant compte des contributions des différentes parties prenantes.

 

Le Sénégal figure parmi les quatre pays retenus pour cette phase pilote, aux côtés du Burundi, de Madagascar et du Zimbabwe, dans le cadre du CEPA et de la Stratégie africaine d’efficacité énergétique (AfEES).

 

Cette initiative vise à accompagner les pays participants dans la définition et la mise en œuvre de politiques adaptées aux enjeux énergétiques de long terme.

 

Répondre à une demande énergétique croissante

 

L’élaboration de cette stratégie intervient alors que le Sénégal fait face à une demande énergétique croissante, portée notamment par l’urbanisation rapide et l’évolution des activités économiques.

 

Dans ce contexte, l’efficacité énergétique apparaît comme un levier pour réduire les dépenses liées à l’énergie, améliorer la performance des infrastructures et soutenir la transition énergétique.

 

La réussite du programme dépendra toutefois de la mise en œuvre effective des 26 mesures identifiées, de la mobilisation des financements nécessaires et de l’appropriation de la stratégie par les acteurs publics et privés.

 

Avec cette feuille de route à l’horizon 2050, le Sénégal entend ainsi inscrire la maîtrise de l’énergie au cœur de sa politique de développement et contribuer aux objectifs énergétiques fixés à l’échelle africaine.

 

POUZE Patrick