| L’ouverture de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale a été marquée par l’absence de 61 députés sur les 165 que compte l’institution. Si le quorum a été atteint, ce taux d’absentéisme de près de 37 % relance le débat sur l’assiduité des élus, malgré le récent durcissement du règlement intérieur. |
L’absentéisme parlementaire persiste au Sénégal. Sur les 165 députés attendus à l’ouverture de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale, seuls 104 ont répondu présents. Au total, 61 parlementaires manquaient à l’appel, soit près de 37 % de l’effectif.
Bien que le nombre de présents ait permis d’atteindre le quorum nécessaire à la tenue des travaux, l’ampleur des absences a suscité des réactions et ravivé les interrogations sur le fonctionnement de la majorité parlementaire.
Un signe de malaise selon Aldiouma Sow
Réagissant sur sa page Facebook, Aldiouma Sow, présenté comme un proche du président Bassirou Diomaye Faye, estime que cette situation traduit un malaise politique profond.
Il évoque « le signal d’un malaise profond dans les rangs de notre majorité parlementaire » et dénonce ce qu’il considère comme une gestion contestée de l’Hémicycle. Selon lui, ces absences pourraient constituer un désaveu de la gouvernance actuelle de l’institution parlementaire.
Cette appréciation reste toutefois une lecture politique personnelle, les raisons de l’absence de chaque député n’ayant pas toutes été rendues publiques.
Amadou Ba relativise l’ampleur des absences
Le député Amadou Ba, membre du Pastef, apporte une explication différente. Selon lui, sur les 130 élus du groupe parlementaire Pastef, 104 étaient présents et 19 autres avaient transmis des « excuses légitimes » qui auraient été acceptées.
L’élu rappelle également que les députés de la majorité sont conscients des nombreuses urgences inscrites à l’agenda parlementaire. Il affirme qu’en raison de cette charge de travail, ils ne devraient pas bénéficier de vacances parlementaires cette année.
Ses explications visent ainsi à distinguer les absences non justifiées de celles motivées par des raisons préalablement communiquées à l’institution.
Un règlement récemment durci
Cette controverse intervient alors que les députés ont récemment adopté la proposition de loi n° 10/2026 modifiant l’article 118 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, consacré au régime des absences.
Porté par Mohammed Ayib Daffé et Aïssata Tall Sall, ce texte ambitionne de renforcer la discipline des élus et de restaurer la crédibilité de l’institution. Il traduit la volonté affichée des responsables parlementaires de lutter contre les absences répétées lors des séances.
L’efficacité des nouvelles mesures en question
La forte proportion d’absents constatée dès l’ouverture de cette session extraordinaire soulève néanmoins des interrogations sur l’efficacité immédiate des nouvelles dispositions.
Si certaines absences peuvent être dûment justifiées, la régularité de la participation des députés demeure essentielle à l’examen des textes, au contrôle de l’action gouvernementale et à la représentation effective des citoyens. L’application rigoureuse du règlement intérieur sera donc déterminante pour mesurer la portée réelle de la réforme adoptée.