Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a procédé à la nomination d’Abdoul Madjib Guèye au poste de Premier président de la Cour des comptes. Cette désignation intervient dans un contexte marqué par de fortes attentes en matière de gouvernance financière et de transparence dans la gestion des ressources publiques.
Selon le décret n°2026-1177 du 16 juin 2026, contresigné par le ministre secrétaire général de la Présidence, Oumar Samba Ba, Abdoul Madjib Guèye succède à Mamadou Faye, admis à faire valoir ses droits à la retraite. L’annonce a été relayée par l’Agence de presse sénégalaise.
Magistrat financier chevronné, Abdoul Madjib Guèye a consacré l’essentiel de sa carrière à la Cour des comptes, où il exerce depuis 1999. Avant sa nomination, il dirigeait la Chambre des entreprises publiques depuis 2014. Il a également occupé les fonctions de secrétaire général de l’institution entre 2006 et 2014, après avoir débuté comme conseiller référendaire.
Reconnu pour son expertise, le nouveau Premier président a participé à plus d’une cinquantaine de missions d’audit et de contrôle portant sur des structures publiques et des entreprises d’État. Son parcours est également marqué par sa contribution à l’élaboration des textes fondateurs de la Cour des comptes, à la réforme de sa loi organique ainsi qu’à la mise en œuvre de son premier plan stratégique.
Titulaire de diplômes de l’École supérieure polytechnique de Dakar et de l’École nationale d’administration et de magistrature, dont il est sorti major de la division économique et financière, Abdoul Madjib Guèye a renforcé ses compétences à travers plusieurs formations internationales spécialisées en audit, gestion axée sur les résultats et budgétisation par objectifs.
Une nomination au cœur des enjeux de contrôle des finances publiques
Cette nomination intervient alors que la question de la gestion des finances publiques occupe une place centrale dans le débat politique sénégalais. Les révélations liées à une dette non déclarée sous l’administration précédente, qui ont notamment conduit à la suspension du programme du Fonds monétaire international (FMI), ont renforcé les exigences de transparence et de redevabilité.
Pour les autorités sénégalaises, cette désignation s’inscrit dans la dynamique des réformes institutionnelles engagées depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye. Le choix d’un magistrat issu de la Cour des comptes traduit une volonté de privilégier l’expérience et la maîtrise technique dans la conduite de cette institution stratégique.
Chargée de veiller à la régularité et à l’efficacité de la gestion des deniers publics, la Cour des comptes joue un rôle essentiel dans le renforcement de la gouvernance financière. Ses rapports constituent des outils importants d’information pour le Parlement ainsi que pour l’ensemble des citoyens sur l’utilisation des ressources de l’État.
Avec l’arrivée d’Abdoul Madjib Guèye à sa tête, la Cour des comptes est appelée à poursuivre sa mission de contrôle et d’évaluation des finances publiques, dans un contexte où les attentes des Sénégalais en matière de bonne gouvernance et de transparence demeurent particulièrement élevées.
NDC