Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a mis fin, ce vendredi 22 mai 2026 à Dakar, aux fonctions de son Premier ministre Ousmane Sonko. La décision a été officialisée à travers le décret présidentiel n°2026-1128, lu dans la soirée par le ministre secrétaire général de la Présidence, Oumar Samba Ba.
Ce décret entraîne également la dissolution immédiate de l’ensemble du gouvernement. Les ministres sortants restent toutefois chargés d’assurer les affaires courantes en attendant la nomination d’une nouvelle équipe gouvernementale.
Une rupture après une journée sous tension
Le limogeage intervient quelques heures seulement après une séance particulièrement tendue de questions d’actualité à l’Assemblée nationale. Lors de cette rencontre, Ousmane Sonko avait publiquement contesté certaines décisions du chef de l’État, notamment sur la gestion des fonds politiques.
Face aux députés, l’ex-Premier ministre avait affirmé que « le Président a fait une erreur », tout en revendiquant une certaine autonomie dans la conduite de l’action gouvernementale. Plusieurs responsables du parti PASTEF avaient également laissé entendre qu’un affrontement institutionnel pourrait survenir en cas d’éviction de leur leader.
Quelques semaines auparavant, Bassirou Diomaye Faye avait déjà averti publiquement qu’il n’excluait pas de se séparer de son Premier ministre s’il venait à perdre confiance en lui.
Deux années de tensions au sommet de l’État
Nommé Premier ministre le 2 avril 2024, au lendemain de l’investiture de Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko occupait une position politique singulière : celle du mentor devenu collaborateur institutionnel de son propre allié politique.
Les premières tensions ouvertes entre les deux hommes avaient émergé lors du remaniement gouvernemental du 6 septembre 2025. Plusieurs proches de Sonko avaient alors quitté le gouvernement au profit de personnalités considérées comme plus proches du président.
La rivalité s’était accentuée en décembre 2025, lorsque Sonko avait annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2029. Des divergences auraient également opposé les deux dirigeants sur les relations avec le Fonds monétaire international, notamment concernant un projet de restructuration de la dette sénégalaise.
“Le cœur léger” après son départ
Quelques minutes après l’annonce de son limogeage, Ousmane Sonko a réagi sur le réseau social X en publiant : « Alhamdoulillah. Ce soir je dormirai le cœur léger à la cité Keur Gorgui. »
Cette déclaration laisse entendre qu’il avait déjà quitté la Primature au moment de sa publication. De son côté, Waly Diouf Bodiang, proche figure du PASTEF, a affirmé se trouver auprès de Sonko et a déclaré : « Dans la dignité, nous irons avec Ousmane Sonko au palais en 2029. »
Pour l’heure, aucune explication officielle n’a été donnée par la présidence sénégalaise concernant les raisons précises de cette décision. L’attention se tourne désormais vers la nomination du futur Premier ministre, dont dépendra la composition du prochain gouvernement sénégalais.