| Le projet de loi de finances rectificative, déposé à l’Assemblée nationale le 18 septembre, porte le déficit à 1 735,2 milliards de FCFA et réduit de 555 milliards les investissements prévus. |
Le Sénégal revoit en profondeur ses prévisions budgétaires pour 2026. Le projet de loi de finances rectificative prévoit désormais un déficit de 1 735,2 milliards de FCFA, soit 7,6 % du PIB, contre 5,4 % dans le budget initial. Le texte prévoit également une baisse des recettes et une réduction significative des dépenses d’investissement.
Les recettes en baisse, les dépenses en hausse
Les recettes totales sont désormais estimées à 5 848,7 milliards de FCFA, contre 6 188,8 milliards initialement prévues, soit une diminution de 340,1 milliards de FCFA.
Dans le même temps, les dépenses progressent de 150 milliards, pour atteindre 7 583,9 milliards de FCFA. Cette évolution creuse davantage le déficit budgétaire, désormais fixé à 1 735,2 milliards de FCFA.
Les subventions énergétiques bondissent
Le secteur de l’énergie constitue l’un des principaux facteurs de cette révision budgétaire.
Les subventions énergétiques passent de 250 à 790,3 milliards de FCFA, soit une hausse de 540,3 milliards. Le projet de loi explique cette augmentation par le renchérissement du coût de l’énergie et un contexte extérieur défavorable.
Malgré ces contraintes, l’État entend maintenir plusieurs dépenses sociales considérées comme prioritaires.
555 milliards de moins pour les investissements
Pour absorber une partie de ces nouvelles contraintes financières, les investissements deviennent la principale variable d’ajustement.
Les crédits consacrés aux investissements sont ainsi réduits de 555 milliards de FCFA au total.
Parallèlement, les intérêts et commissions liés à la dette publique progressent. Ils devraient atteindre 1 285,2 milliards de FCFA, contre 1 190,6 milliards prévus dans le budget initial.
Les recettes fiscales également revues à la baisse
Les recettes fiscales subissent elles aussi une révision importante, avec une baisse de 453,3 milliards de FCFA.
Le rendement attendu du Plan de redressement économique et social est notamment ramené de 762,9 à 311,5 milliards de FCFA.
Cette révision s’explique notamment par les recettes attendues de la fiscalité sur les jeux de hasard, qui ne devraient finalement rapporter que 120 milliards de FCFA, contre 300 milliards espérés initialement.
Un besoin de financement de 6 774,2 milliards
Avec ce nouveau cadrage, le besoin global de financement de l’État atteint désormais 6 774,2 milliards de FCFA.
Cette pression intervient alors que Dakar poursuit son plan de traitement de la dette avec le soutien du Fonds monétaire international (FMI), dans l’objectif de restaurer la viabilité des finances publiques et de réduire la pression liée aux remboursements.
Un nouvel appel public à l’épargne
Pour mobiliser des ressources supplémentaires, l’État sénégalais a lancé le 17 septembre son deuxième appel public à l’épargne de l’année 2026.
L’opération vise à mobiliser 200 milliards de FCFA. Les souscriptions restent ouvertes jusqu’au 8 octobre. Les fonds collectés doivent contribuer au financement du budget, notamment des dépenses d’investissement.
Le projet de loi de finances rectificative traduit ainsi un nouveau cadrage des finances publiques sénégalaises, marqué par la hausse du coût de l’énergie, la progression du service de la dette et la diminution des recettes attendues.
KR