Bara Dia, l’un des 18 supporters sénégalais interpellés au Maroc lors de la finale de la CAN 2025 entre le Sénégal et le Maroc, a été radié des rangs de l’armée sénégalaise après son retour au pays. Militaire depuis 16 ans, il reconnaît avoir commis une faute en quittant le territoire sans autorisation.
Après la prison au Maroc, Bara Dia fait face à une nouvelle épreuve au Sénégal. Militaire au bataillon du train (Bat-train) depuis 16 ans, il a été radié de l’armée après son retour au pays. Il faisait partie des 18 supporters sénégalais interpellés lors de la finale de la CAN 2025, disputée le 18 janvier entre le Sénégal et le Maroc.
Six mois de prison avant une grâce royale
À la suite de son interpellation au Maroc, Bara Dia avait été condamné à six mois de prison ferme et à une amende de 125 000 francs CFA. Il a ensuite bénéficié d’une grâce royale qui lui a permis de regagner le Sénégal.
Son retour ne lui a toutefois pas permis de retrouver son poste au sein de l’armée. Il a été radié des effectifs pour avoir quitté le territoire alors qu’il n’y était pas autorisé.
Interrogé par la TFM, l’ancien militaire ne conteste pas la sanction. « Je ne vais pas condamner l’armée parce que je suis fautif. Je ne devais pas quitter le pays », reconnaît-il.
Une permission qui devait prendre fin le 20 janvier
Bara Dia explique avoir profité d’une permission pour se rendre au Maroc afin de soutenir les Lions de la Teranga pendant la CAN.
Selon son récit, il comptait revenir au Sénégal dès le lendemain de la finale afin de reprendre normalement son service. « Mon congé devait finir le 20 janvier 2026 et la finale était fixée le 18 janvier. J’avais programmé de rentrer au Sénégal le 19 janvier pour reprendre service le 20. Mais malheureusement, j’ai été arrêté pendant la finale », raconte-t-il.
Son père dit avoir ignoré l’interdiction
Le père de l’ancien militaire affirme, de son côté, qu’il ignorait que son fils ne disposait pas de l’autorisation nécessaire pour voyager à l’étranger.
« Je ne maîtrise pas les textes de l’armée, mais si j’avais su qu’il n’avait pas l’autorisation de voyager hors du pays, je ne l’aurais jamais laissé partir au Maroc. Je croyais que c’était un congé comme tous les autres congés », confie-t-il.
Bara Dia déplore le silence de la Fédération
Surnommé « Diabara » par des supporters sénégalais, Bara Dia exprime également sa déception face au silence de la Fédération sénégalaise de football et du ministère des Sports depuis son retour.
« Ce qui me fait mal, c’est le silence de la Fédération sénégalaise de football et du ministère des Sports sur mon cas, alors que ce sont eux qui m’ont amené à la CAN », déplore-t-il.
De militaire à plombier occasionnel
Après 16 années passées sous les drapeaux, Bara Dia se retrouve désormais sans emploi. Pour assurer les besoins de sa famille, il explique travailler occasionnellement dans la plomberie aux côtés de son frère.
« Actuellement, je suis au chômage, parfois je pars faire de la plomberie avec mon frère pour nourrir ma famille », confie-t-il.
De la finale de la CAN au Maroc à sa radiation de l’armée sénégalaise, Bara Dia assume aujourd’hui la faute qui lui est reprochée, mais regrette de devoir affronter seul les conséquences d’un déplacement qui a profondément bouleversé sa vie professionnelle et familiale.