| Située sur l’île de Gorée, au large de Dakar, l’école d’excellence Mariama-Bâ forme chaque année de jeunes Sénégalaises brillantes. Premier internat public d’élite réservé aux filles dans le pays, l’établissement les encourage à dépasser les rôles qui leur sont traditionnellement assignés et à devenir de futures dirigeantes. |
Fondée en 1985, l’école porte le nom de Mariama Bâ, célèbre écrivaine sénégalaise. Dans ses œuvres, celle-ci abordait notamment les tensions entre l’éducation traditionnelle des femmes et leurs aspirations à l’émancipation.
L’admission au sein de l’établissement est particulièrement sélective. Chaque année, seulement 35 élèves sont retenues parmi 150 candidates présélectionnées en raison de leurs excellents résultats scolaires. Les frais de scolarité et d’internat sont entièrement pris en charge par l’État sénégalais.
Pour Ndeye Awa Diop, intégrer cette école à l’âge de 12 ans a profondément changé sa vie. Originaire d’une région rurale du Sénégal, la jeune fille était particulièrement réservée à son arrivée.
« Je suis arrivée ici extrêmement timide. Je n’osais même pas lever la main en classe », raconte-t-elle.
Grâce au soutien de ses camarades et à l’encadrement reçu, elle a progressivement gagné en confiance. Aujourd’hui âgée de 19 ans, elle préside le conseil des élèves et s’apprête à obtenir son diplôme.
« J’ai appris à devenir une dirigeante », affirme-t-elle.
Le maintien des filles à l’école reste un défi
Le Sénégal a accompli d’importants progrès dans le domaine de l’éducation des filles. La grande majorité d’entre elles sont désormais inscrites à l’école primaire, avec un taux de scolarisation supérieur à celui des garçons.
Cependant, elles restent davantage exposées au décrochage scolaire. Moins de 20 % des filles parviennent jusqu’à la fin de l’enseignement secondaire.
« Le défi actuel n’est plus l’accès des filles et des garçons à l’école, mais le maintien des filles dans le système scolaire », explique Maissa Abdellaoui, spécialiste de l’éducation à l’Unicef.
L’école Mariama-Bâ se distingue, quant à elle, par un taux d’achèvement de 100 %. Son modèle offre aux élèves un environnement favorable à la réussite scolaire, au développement de leur autonomie et à l’apprentissage du leadership.
Sur l’île de Gorée, lieu profondément marqué par l’histoire de la traite transatlantique, ces jeunes Sénégalaises sont ainsi encouragées à imaginer un avenir différent et à prendre pleinement leur place dans la société.
POUZE Patrick