| Quatre personnes sont visées par des mises en examen pour des faits présumés de séquestration, d’enlèvement illégal, de torture et de violences commis en juin 2023, dans le contexte des manifestations liées à Ousmane Sonko. |
La justice sénégalaise a prononcé cette semaine les premières mises en examen dans le cadre des enquêtes sur les violences politiques qui ont marqué le pays entre 2021 et 2024. Quatre personnes sont concernées par cette procédure pour des faits présumés commis en juin 2023, lors des manifestations organisées dans le contexte de la crise politique autour de l’opposant Ousmane Sonko.
Quatre personnes mises en cause
Les personnes visées sont accusées, selon les éléments rapportés dans cette affaire, d’actes de séquestration, d’enlèvement illégal, de torture et de violences.
Ces faits sont liés aux manifestations de juin 2023, qui avaient été fortement réprimées dans un contexte de tensions entre les partisans d’Ousmane Sonko et le pouvoir dirigé à l’époque par Macky Sall.
Amnesty International a salué l’ouverture de cette procédure. Les avocats des parties civiles considèrent, de leur côté, ces mises en examen comme un premier pas vers l’établissement des responsabilités et souhaitent désormais qu’elles débouchent sur l’ouverture d’un procès.
Au moins 65 morts selon un décompte
Les violences politiques ont fait de nombreuses victimes au Sénégal au cours de cette période. Selon un décompte établi par un collectif de journalistes et de chercheurs, au moins 65 personnes ont été tuées entre mars 2021 et février 2024 lors de manifestations organisées par l’opposition.
Amnesty International a également documenté au moins 65 morts sur cette période, tout en faisant état de plus d’un millier de blessés.
La question de la loi d’amnistie
Avant son départ du pouvoir, Macky Sall avait fait adopter, en mars 2024, une loi d’amnistie couvrant les faits susceptibles de constituer des infractions criminelles ou correctionnelles commis entre le 1er février 2021 et le 25 février 2024, lorsqu’ils étaient liés à des manifestations ou à des motivations politiques.
Le texte avait été présenté par les autorités de l’époque comme une mesure destinée à favoriser l’apaisement du climat politique et social et à renforcer la cohésion nationale.
Son champ d’application et ses conséquences sur les poursuites concernant les violences commises pendant les manifestations ont toutefois fait l’objet de débats et de contestations. En 2025, une proposition visant à préciser son interprétation prévoyait notamment d’exclure de l’amnistie certains faits qualifiés d’assassinat, de meurtre, de torture ou de traitements inhumains, cruels ou dégradants.
Une procédure désormais suivie de près
Ces premières mises en examen interviennent ainsi dans un dossier particulièrement sensible, marqué par plusieurs années de tensions politiques et de violences.
La suite de la procédure devra permettre de déterminer les responsabilités individuelles des personnes mises en cause et de préciser les suites judiciaires qui seront données à ces accusations.
POUZE Patrick