Deux semaines après son départ de la Primature, Ousmane Sonko a réaffirmé son emprise sur le Pastef-Les Patriotes. Réélu à l’unanimité à la présidence du parti lors de son premier congrès national, il a été officiellement investi candidat à l’élection présidentielle de 2029, ouvrant ainsi une nouvelle séquence politique au Sénégal.
Réunis les 6 et 7 juin 2026 au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio, les militants et délégués du parti ont renouvelé leur confiance à leur leader historique. Seul candidat en lice, le président de l’Assemblée nationale a obtenu 583 voix sur 583 suffrages exprimés, soit 100 % des votes, avec un taux de participation supérieur à 98 %.
Fondé en 2014, Pastef tenait à cette occasion son tout premier congrès ordinaire. Placée sous le thème « L’élan décisif ! », la rencontre a rassemblé près de 1 200 délégués venus du Sénégal et de la diaspora, ainsi que plusieurs représentants de formations politiques étrangères.
Une investiture aux allures de démonstration de force
Le lendemain de sa réélection, Ousmane Sonko a été officiellement investi candidat à la présidentielle de 2029 lors d’un grand meeting organisé à Dakar Arena. Devant plusieurs milliers de sympathisants, il a prononcé un discours offensif marqué par de vives critiques à l’endroit du président Bassirou Diomaye Faye.
Écarté du poste de Premier ministre le 22 mai dernier, Sonko a dénoncé ce qu’il considère comme des tentatives de remise en cause du projet politique porté par le Pastef.
« Ce pays a assez souffert des complots et des combines », a-t-il déclaré, appelant les institutions à exercer leurs responsabilités sans interférence politique.
Tout en rejetant l’idée d’une crise institutionnelle, il a insisté sur la légitimité des choix exprimés par les électeurs lors des dernières échéances électorales.
Les élections locales au cœur des tensions
Le président de l’Assemblée nationale s’est également montré inflexible sur la question des prochaines élections locales. Il a clairement indiqué que son parti s’opposerait à tout report du scrutin, rappelant le rôle central que joue désormais le Parlement dans le processus législatif.
Cette position illustre les tensions persistantes entre les partisans de Sonko et le pouvoir exécutif dirigé par Bassirou Diomaye Faye, pourtant porté à la présidence grâce au soutien du Pastef lors de l’élection de 2024.
Un parti confronté à des remous internes
Le congrès s’est tenu dans un contexte marqué par plusieurs départs au sein du mouvement. Ces dernières semaines, certaines personnalités proches du parti ont choisi de quitter leurs fonctions ou de prendre leurs distances avec la formation politique.
Malgré ces turbulences, Ousmane Sonko s’est voulu rassurant quant à la solidité de sa base politique. Selon lui, le Pastef demeure la principale force politique du pays et dispose encore d’un important potentiel de progression.
La veille du congrès, plusieurs mouvements politiques avaient d’ailleurs annoncé leur fusion avec le Pastef, renforçant davantage son poids sur l’échiquier national.
Une nouvelle configuration politique
La situation politique sénégalaise présente désormais une configuration inédite. Ousmane Sonko cumule les fonctions de président du Pastef et de président de l’Assemblée nationale, tandis que Bassirou Diomaye Faye dirige l’exécutif.
Cette coexistence au sommet de l’État entre deux figures autrefois alliées, mais désormais engagées dans un rapport de force politique de plus en plus visible, nourrit les spéculations sur l’évolution du paysage politique sénégalais dans les années à venir.
Avec son investiture anticipée pour l’élection présidentielle de 2029, Ousmane Sonko affiche clairement ses ambitions et place déjà son parti en ordre de bataille pour les prochaines échéances électorales, à commencer par les élections locales qui s’annoncent comme un premier test politique majeur.