Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a averti qu’il n’hésiterait pas à faire tomber le gouvernement « autant de fois que nécessaire » si celui-ci s’éloigne du projet politique du Pastef. Cette sortie marque une nouvelle étape dans la dégradation de ses relations avec le président Bassirou Diomaye Faye.

 

En déplacement à Touba, le dimanche 12 juillet, à l’occasion de l’inauguration du siège du Pastef, Ousmane Sonko a haussé le ton contre l’exécutif. Le président de l’Assemblée nationale a déclaré qu’il était prêt à utiliser la majorité parlementaire de son parti pour renverser le gouvernement par des motions de censure, « autant de fois que nécessaire ».

 

Une rupture de plus en plus visible

Cette déclaration illustre les tensions grandissantes entre l’ancien Premier ministre et le président Bassirou Diomaye Faye. Devant les militants du Pastef, Ousmane Sonko a accusé le chef de l’État de s’éloigner des engagements pris lors de l’accession au pouvoir.

 

« Les Sénégalais ne sont nullement la préoccupation de Bassirou Diomaye Faye », a-t-il affirmé, avant de critiquer plusieurs orientations du gouvernement.

 

L’ancien chef du gouvernement a notamment évoqué la gestion des ressources naturelles, estimant que certaines réformes engagées sous son mandat à la Primature avaient été abandonnées. Il a également dénoncé la situation économique du pays, citant la dette publique, les difficultés rencontrées dans plusieurs secteurs et les discussions en cours avec le Fonds monétaire international (FMI).

 

La riposte du gouvernement

Le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, a rapidement réagi en rejetant les accusations portées contre l’exécutif. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, il a dénoncé toute tentative de s’approprier le patriotisme.

 

« Chercher à faire du patriotisme le monopole d’un seul camp revient, précisément, à le trahir », a-t-il déclaré.

 

Un climat politique sous haute tension

Cette nouvelle confrontation intervient dans un contexte politique déjà tendu. Depuis son départ de la Primature, le 22 mai, puis son élection, quatre jours plus tard, à la présidence de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko dispose d’un important levier institutionnel grâce à la majorité détenue par le Pastef au Parlement.

 

Les tensions se sont accentuées après la décision du Conseil constitutionnel, rendue le 9 juillet, d’invalider une réforme votée par les députés portant sur l’équilibre des pouvoirs entre l’exécutif et le Parlement.

 

Sonko évoque ses relations avec Diomaye

Interrogé sur ses relations avec le président Bassirou Diomaye Faye, qu’il avait choisi comme candidat du Pastef à l’élection présidentielle, Ousmane Sonko a invité à regarder vers l’avenir.

 

« Il est inutile de rester focalisé sur le passé. Aujourd’hui, nous devons gérer le présent et nous tourner vers l’avenir. Je crois que le destin joue un rôle dans tout ce qui arrive et que Dieu, en fin de compte, trace nos chemins. Mais Dieu agit par des voies bien précises. En l’occurrence, Il m’a confié la responsabilité de choisir le candidat de mon parti à l’élection présidentielle, et j’ai porté mon choix sur un homme », a-t-il déclaré

.

Il a ajouté que cette décision relevait de sa responsabilité personnelle, tout en estimant que les événements survenus depuis plus de deux ans peuvent être appréciés aussi bien par le peuple sénégalais que par la communauté internationale.

 

Les dernières déclarations d’Ousmane Sonko confirment ainsi que les relations entre les deux principales figures du Pastef sont désormais entrées dans une phase de confrontation politique ouverte.

 

POUZE PATRICK