La capitale somalienne, Mogadiscio, a été secouée par de violents affrontements dans la nuit de mercredi à jeudi, alimentant la peur parmi les habitants. Les tensions opposent les forces gouvernementales à des groupes liés à l’opposition dans un contexte politique de plus en plus tendu.
À l’origine de cette nouvelle crise figure la contestation de l’opposition contre une présumée volonté du président Hassan Sheikh Mohamud de prolonger son mandat. Cette perspective a ravivé les tensions entre le pouvoir et ses adversaires politiques, provoquant une montée de la violence dans plusieurs quartiers de la capitale.
Des habitants ont rapporté avoir entendu des tirs nourris ainsi que des explosions durant plusieurs heures. Les affrontements ont fortement perturbé la circulation et les activités quotidiennes.
« Ce dont nous avons été témoins depuis hier après-midi jusqu’à ce matin nous a vraiment terrifiés. Les déplacements étaient limités et la population vivait dans la peur », a témoigné Abdullahi Nur, un étudiant résidant à Mogadiscio.
Dans un communiqué, la police de la capitale a attribué les violences à des « attaques organisées » menées par des milices armées poursuivant des objectifs politiques.
L’opposition rejette cependant cette version des faits. Elle accuse les forces de sécurité d’avoir mené des opérations contre des résidences associées à plusieurs figures politiques, dont l’ancien président Cheikh Sharif Cheikh Ahmed.
Ce dernier a dénoncé ce qu’il considère comme des actes d’intimidation orchestrés par le pouvoir en place. Il s’est interrogé sur la légalité des interventions menées contre lui et ses proches, estimant qu’aucune faute ne justifiait de telles actions.
Malgré une accalmie relative observée jeudi matin, la situation demeure tendue. D’importants dispositifs de sécurité ont été déployés dans plusieurs secteurs stratégiques de Mogadiscio, tandis que des patrouilles policières continuaient de surveiller les principaux axes routiers de la ville.
Il faut noter que cette nouvelle flambée de violence intervient dans un contexte politique particulièrement sensible pour la Somalie. Alors que les tensions entre le pouvoir et l’opposition s’intensifient, de nombreux observateurs redoutent une aggravation de l’instabilité dans un pays déjà confronté à des défis sécuritaires majeurs liés à la menace persistante des groupes armés.