Les enfants de Khartoum retournent peu à peu à l’école. L’amélioration de la sécurité dans certains secteurs du Soudan permet à des familles déplacées de regagner la capitale, profondément marquée par la guerre.

 

Cette reprise des cours ne représente toutefois que le début d’un long processus de reconstruction. Des centaines d’établissements scolaires ont été endommagés à Khartoum pendant le conflit. Ceux qui sont encore fonctionnels doivent faire face à des classes surchargées, au manque de matériel pédagogique et à l’insuffisance d’enseignants qualifiés.

 

« Nous avons moins d’élèves qu’auparavant. Beaucoup sont encore déplacés ou ont trouvé refuge dans les pays voisins. Mais nous faisons de notre mieux pour soutenir nos élèves sur le plan psychologique et scolaire, malgré tout ce qu’ils ont vécu et continuent de subir », a déclaré Itimad Algizouli, directrice d’une école.

 

Les autorités tentent de relancer l’année scolaire, mais la reconstruction du système éducatif demeure l’un des principaux défis à long terme du pays. De nombreux enfants ont perdu plusieurs années de scolarité et restent profondément affectés par les conséquences psychologiques du conflit.

 

« Les parents et les établissements scolaires souhaitent combler rapidement les retards accumulés depuis plusieurs années, malgré les difficultés financières et les problèmes d’infrastructures. Il faut également déployer des efforts considérables pour redonner aux élèves le goût de l’école et leur capacité d’apprentissage, tout en leur apportant un soutien psychosocial », a expliqué Mohamed Elyas, enseignant dans l’établissement.

 

Pour les familles déplacées par plusieurs années de conflit, la rentrée scolaire représente également une lourde charge financière. Les frais de transport, l’achat des uniformes, des manuels et des fournitures interviennent alors que de nombreux ménages tentent encore de se remettre des conséquences économiques de leur déplacement.

 

 

« Nous avons été déplacés et avons déménagé à plusieurs reprises au cours des deux dernières années. Nous avons dû surmonter de nombreux obstacles pour éviter que nos enfants n’en subissent les conséquences. Nous sommes maintenant de retour pour leur assurer un avenir meilleur, malgré les difficultés financières auxquelles sont confrontés la plupart des parents et des personnes revenues à Khartoum », a témoigné Manal Ali, mère de famille.

 

Depuis avril 2023, les combats opposant les Forces armées soudanaises aux Forces de soutien rapide, un groupe paramilitaire, ont fait des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement de millions de personnes à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

 

Le conflit a privé près de huit millions d’enfants d’accès à l’éducation. De nombreuses écoles ont été détruites, tandis que d’autres restent fermées ou servent encore de centres d’accueil pour les populations déplacées.

 

POUZE Patrick