Le chef de l’armée soudanaise, Abdel Fattah al-Burhan, a ordonné l’ouverture d’une enquête après une frappe survenue samedi dans la zone aurifère de Jabal al-Uqaydat, près de la frontière égyptienne. Le collectif Emergency Lawyers fait état de 72 mineurs tués, tandis que les circonstances de l’attaque restent à établir.

 

Une frappe aérienne présumée a fait 72 morts parmi les mineurs dans la zone aurifère de Jabal al-Uqaydat, près de la frontière entre le Soudan et l’Égypte, selon le collectif indépendant Emergency Lawyers. À la suite de cet incident survenu samedi, le chef de l’armée soudanaise, Abdel Fattah al-Burhan, a ordonné, lundi 12 octobre 2026, la création d’une commission d’enquête.

 

Cette commission réunira des représentants du parquet, des instances judiciaires et des services de sécurité. Elle devra déterminer les circonstances de la frappe et présenter ses conclusions dans un rapport. Aucun délai n’a été communiqué pour la fin des investigations.

 

Abdel Fattah al-Burhan a insisté sur la nécessité de traiter cette affaire avec sérieux et de veiller au respect des frontières.

 

L’Égypte soupçonnée, Le Caire évoque une opération contre l’orpaillage illégal

 

Emergency Lawyers soupçonne l’armée de l’air égyptienne d’être à l’origine de la frappe. Un témoin présent sur le site a affirmé avoir vu un avion effectuer plusieurs bombardements samedi matin, provoquant la panique parmi les travailleurs. Toutefois, ces informations n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante par l’Agence France-Presse (AFP).

 

De son côté, l’armée égyptienne a annoncé lundi que ses forces, en coordination avec la police, menaient une opération contre l’exploitation aurifère illégale près de la frontière soudanaise.

 

Elle a indiqué que des tracts d’avertissement avaient été largués avant l’intervention, présentée comme une mesure visant à protéger les ressources nationales et à garantir la souveraineté de l’État égyptien. Sans répondre directement aux accusations concernant la mort des mineurs, elle a mis en garde contre la diffusion d’informations susceptibles de détériorer les relations entre les deux pays.

 

Des échanges diplomatiques après les accusations

 

Sur le plan diplomatique, les ministres égyptien et soudanais des Affaires étrangères, Badr Abdelatty et Mohieddin Salem, se sont entretenus par téléphone lundi.

 

Les deux responsables ont réaffirmé leur attachement au respect mutuel de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et des frontières nationales. Ils ont également exprimé leur volonté de poursuivre la coopération bilatérale entre Le Caire et Khartoum.

 

L’or, une ressource stratégique dans un pays en guerre

 

La frappe présumée s’est produite dans une région riche en ressources minières, où l’exploitation artisanale de l’or occupe une place importante dans l’économie soudanaise.

 

Le secteur emploie plus de deux millions de personnes et représente environ 80 % de la production aurifère du pays, selon les données rapportées. Depuis le début de la guerre, en avril 2023, entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR), la dégradation des conditions de vie a poussé davantage de travailleurs vers cette activité, souvent exercée dans des conditions dangereuses.

 

Le site de Jabal al-Uqaydat aurait déjà été touché par une frappe en juin dernier. Des bombardements attribués à l’Égypte avaient alors fait 23 morts parmi les travailleurs, selon les informations rapportées. À l’époque, l’armée égyptienne avait annoncé une opération d’envergure contre l’exploitation aurifère illégale, sans revendiquer explicitement les frappes.

 

L’enquête annoncée par les autorités soudanaises devra désormais contribuer à établir les circonstances de la nouvelle attaque et les responsabilités éventuelles.

 

P V