Le président burundais et président en exercice de l’Union africaine, Evariste Ndayishimiye, a reçu lundi une délégation venue de Khartoum, conduite par le lieutenant-général Mohammed Ali Siber. Les échanges ont porté sur le processus de paix au Soudan, alors que le conflit entre l’armée et les Forces de soutien rapide se poursuit depuis avril 2023.


Le président de l’Union africaine (UA), Evariste Ndayishimiye, a reçu lundi soir à Bujumbura une délégation de Khartoum conduite par le lieutenant-général Mohammed Ali Siber, envoyé spécial du général Abdel Fattah al-Burhan. La rencontre était consacrée aux efforts visant à faire avancer le processus de paix au Soudan.

 

Dans un message publié sur le réseau social américain X, le président burundais a indiqué que les discussions avaient permis de réaffirmer l’engagement en faveur de la paix au Soudan. Une feuille de route lui a également été présentée, sans que son contenu ne soit détaillé.

Une médiation qui se poursuit entre les deux camps

 

Depuis plusieurs mois, Evariste Ndayishimiye tente de rapprocher les deux factions militaires qui s’affrontent au Soudan.

 

Le 4 septembre, le président de l’UA avait reçu à Bujumbura des émissaires du général Mohamed Hamdan Daglo, dit « Hemetti », chef des Forces de soutien rapide (FSR).

 

Cette rencontre faisait suite à celle du 10 juillet, au cours de laquelle des émissaires du chef de l’armée soudanaise, le général Abdel Fattah al-Burhan, avaient été reçus.

Ces différentes initiatives s’inscrivent dans les efforts de médiation visant à rapprocher les deux camps rivaux.

 

Un conflit qui oppose l’armée aux paramilitaires

Le Soudan est plongé dans un conflit armé depuis le 15 avril 2023. Les affrontements opposent les Forces armées soudanaises (SAF), dirigées par le général Abdel Fattah al-Burhan, aux Forces de soutien rapide (FSR), commandées par le général Mohamed Hamdan Daglo, plus connu sous son nom de guerre « Hemedti ».

 

Les deux hommes étaient à l’origine du putsch d’octobre 2021, avant de devenir les principaux protagonistes du conflit qui déchire aujourd’hui le pays.

 

Les précédentes médiations sans cessez-le-feu durable

Les efforts diplomatiques entrepris jusqu’ici n’ont pas permis de mettre durablement fin aux combats.

Les pourparlers de Djeddah, soutenus par l’Arabie saoudite et les États-Unis en 2023, ainsi que les initiatives de médiation régionale menées notamment par l’IGAD, n’ont pas réussi à imposer une trêve durable. Les différents cessez-le-feu annoncés ont été systématiquement violés.

Une crise humanitaire de grande ampleur

Après plus de trois années de conflit, le Soudan reste confronté à une crise humanitaire majeure. Selon les estimations de l’ONU, les affrontements ont déjà fait des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement d’environ 13 millions de personnes.

 

La nouvelle rencontre entre le président de l’UA et les représentants des deux camps intervient ainsi dans un contexte où les efforts diplomatiques se poursuivent pour parvenir à une issue politique au conflit.