Les affrontements entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR) se sont intensifiés à la mi-août 2026 au Kordofan du Nord et dans l’État du Nil Bleu. Ces nouveaux fronts stratégiques provoquent des déplacements de populations et compliquent davantage l’acheminement de l’aide humanitaire.
La guerre au Soudan continue de gagner en intensité sur plusieurs fronts. À la mi-août 2026, de violents combats ont opposé l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (FSR) au Kordofan du Nord et dans l’État du Nil Bleu. Les affrontements se concentrent notamment autour d’El-Obeid et dans des localités proches de la frontière éthiopienne.
L’armée affirme avoir repoussé une attaque au Kordofan du Nord
Le 13 août, l’armée soudanaise a annoncé avoir repoussé une attaque des FSR à Jabra al-Cheikh, au nord d’El-Obeid, selon des sources militaires citées par l’agence Anadolu.
Cette affirmation n’a toutefois pas pu être vérifiée de manière indépendante, les communications restant difficiles dans cette zone.
El-Obeid représente un enjeu stratégique majeur. Cette ville constitue un important carrefour routier reliant le centre du Soudan au Darfour. Les FSR cherchent à maintenir la pression autour de cette zone.
Les Nations unies avaient déjà alerté, en juin, sur les risques d’une nouvelle escalade militaire autour d’El-Obeid et sur les conséquences potentielles pour les populations civiles.
Environ 2 500 personnes fuient Qeissan
Dans l’État du Nil Bleu, les affrontements se sont notamment concentrés autour de Qeissan, près de la frontière avec l’Éthiopie. Environ 2 500 personnes ont fui la localité après la reprise des hostilités le 11 août, selon des données de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) relayées par l’Associated Press.
La situation reste également incertaine autour de Kurmuk, autre ville située près de la frontière éthiopienne. L’armée affirme en avoir repris le contrôle, tandis que les FSR et leurs alliés avaient revendiqué des avancées dans le même secteur quelques jours auparavant. Ces différentes revendications n’ont pas pu être confirmées de manière indépendante.
Près de 13 millions de personnes déplacées par la guerre
Le Soudan est plongé dans la guerre depuis avril 2023, lorsque les affrontements ont éclaté entre l’armée dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane et les FSR du général Mohamed Hamdane Daglo, dit « Hemedti ».
Depuis la reprise de Khartoum par les forces régulières, les lignes de front se sont notamment déplacées vers le Kordofan et le Nil Bleu.
Selon les estimations des agences humanitaires citées par l’Associated Press, le conflit a contraint environ 13 millions de personnes à quitter leur foyer.
L’accès humanitaire davantage menacé
L’intensification des opérations militaires autour d’El-Obeid et le long de la frontière éthiopienne fait désormais peser une menace supplémentaire sur des axes utilisés pour l’acheminement de l’aide humanitaire et les déplacements des populations.
Alors que l’armée et les FSR continuent de revendiquer des avancées difficiles à vérifier indépendamment, l’ouverture ou l’intensification de ces fronts au Kordofan du Nord et dans le Nil Bleu risque d’aggraver une crise humanitaire qui a déjà poussé des millions de Soudanais sur les routes.