| Une attaque de drones contre le marché d’Amiet, dans la région disputée d’Abyei, a fait au moins 73 morts et 19 blessés lundi 19 octobre. Djouba a convoqué l’ambassadeur soudanais après avoir mis en cause les Forces armées soudanaises, qui n’avaient pas réagi à ces accusations mardi matin. |
Au moins 73 personnes ont été tuées et 19 autres blessées dans une frappe de drones qui a visé, lundi 19 octobre, le marché d’Amiet, dans la région disputée d’Abyei, entre le Soudan et le Soudan du Sud. Selon les autorités locales, l’attaque s’est produite vers 11 h 30 et a touché plusieurs secteurs de ce lieu de commerce fréquenté par différentes communautés de la région.
Situé à environ dix kilomètres au nord de la ville d’Abyei, le marché accueille notamment des commerçants issus des communautés Ngok Dinka et Misseriya, ainsi que des personnes déplacées par la guerre au Soudan. La frappe a atteint les parties centrale et méridionale du marché, ainsi que son entrée nord.
Les autorités locales accusent l’armée soudanaise
Les responsables locaux ont attribué l’attaque aux Forces armées soudanaises. Toutefois, aucune preuve publique n’a été présentée pour étayer cette accusation. Mardi matin, l’armée soudanaise n’avait pas encore réagi aux déclarations des autorités locales.
La gravité du bilan et le lieu de l’attaque ont rapidement provoqué une réaction diplomatique du Soudan du Sud. Le ministère sud-soudanais des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur du Soudan à Djouba et transmis une protestation officielle aux autorités de Khartoum.
Les autorités sud-soudanaises ont également demandé que les différends liés à Abyei soient traités par les voies diplomatiques et les mécanismes de dialogue existants.
Un nouveau drame après les violences de septembre
Cette frappe survient un peu plus d’un mois après des affrontements intercommunautaires survenus au même marché, le 15 septembre. Ces violences entre membres des communautés Ngok Dinka et Misseriya avaient fait 26 morts et 82 blessés.
La répétition de tels incidents souligne la fragilité de la situation sécuritaire dans cette zone, où les tensions communautaires se superposent à un différend territorial persistant entre les deux pays voisins.
Abyei, un territoire toujours disputé
Abyei reste revendiquée à la fois par le Soudan et le Soudan du Sud, devenu indépendant en 2011. Un référendum devait permettre à la population de déterminer le statut de la région, mais le scrutin n’a jamais été organisé, faute d’accord entre les deux États sur les conditions de participation.
Alors que Djouba réclame une réponse diplomatique, les circonstances exactes de la frappe et les responsabilités dans cette attaque restent à établir. Le nouveau bilan humain risque d’accentuer les tensions autour d’Abyei, territoire dont le statut demeure non résolu.
P V