Le Réseau des médecins soudanais accuse le SPLM-N, dirigé par Abdelaziz al-Hilu, d’avoir bombardé des quartiers résidentiels au Kordofan du Sud. L’organisation appelle à protéger les civils et à traduire les responsables en justice.

 

Une femme et ses trois enfants ont été tués dans des bombardements d’artillerie ayant visé des quartiers résidentiels de Kadugli, capitale de l’État du Kordofan du Sud, au Soudan. L’information a été annoncée samedi par le Réseau des médecins soudanais, qui accuse le Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-N), dirigé par Abdelaziz al-Hilu, d’être à l’origine de l’attaque.

 

Dans un communiqué, l’organisation médicale non gouvernementale a condamné les bombardements avec la plus grande fermeté, dénonçant des attaques ayant fait des victimes civiles, notamment des enfants. Elle a qualifié ces faits de nouvelle violation présumée du droit international humanitaire, qui protège les populations civiles et interdit les attaques dirigées contre elles.

 

Selon le réseau, une famille entière, composée d’une mère et de ses trois enfants, a péri dans les bombardements. L’organisation estime que ce drame illustre les conséquences humaines des attaques contre les zones résidentielles.

 

« Prendre pour cible des civils au moyen de bombardements aveugles est un crime condamnable et une violation manifeste des conventions internationales », a déclaré le Réseau des médecins soudanais.

 

L’organisation a également alerté sur l’aggravation des souffrances des habitants, déjà confrontés à une situation humanitaire et sécuritaire particulièrement difficile. Elle a appelé à l’arrêt immédiat des attaques contre les civils et au respect du droit international humanitaire.

 

Le réseau a par ailleurs exhorté l’Organisation des Nations unies (ONU), les organisations de défense des droits humains et les acteurs humanitaires à documenter les violations signalées, à les condamner et à œuvrer pour que les responsables présumés répondent de leurs actes. Il a enfin demandé que la protection des populations civiles soit garantie dans les zones touchées par les combats.

 

Au moment de la publication du communiqué, le SPLM-N n’avait pas réagi aux accusations.

 

Une alliance avec les Forces de soutien rapide

 

La faction du SPLM-N dirigée par Abdelaziz al-Hilu affronte le gouvernement soudanais depuis 2011, notamment autour des revendications d’autonomie des régions du Kordofan du Sud et du Nil Bleu.

 

Le 22 février 2025, le SPLM-N, les Forces de soutien rapide (FSR) et plusieurs groupes politiques et mouvements armés soudanais ont signé une charte politique à Nairobi, au Kenya, en vue de mettre en place une administration parallèle aux autorités soudanaises.

 

Les trois États du Kordofan le Kordofan du Nord, le Kordofan de l’Ouest et le Kordofan du Sud  sont également touchés par les affrontements entre l’armée soudanaise et les FSR, dans un conflit qui s’est intensifié dans plusieurs régions du pays.

 

Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans une guerre opposant l’armée aux FSR. Ce conflit a provoqué des dizaines de milliers de morts et le déplacement de millions de personnes, selon les estimations d’organisations internationales.

 

Face à la multiplication des violences, la protection des civils, l’accès à l’aide humanitaire et l’établissement des responsabilités restent des enjeux majeurs pour les populations soudanaises.

 

TALLEB DE LA