Face à une vive controverse suscitée par l’expulsion de plusieurs jeunes étrangers ces derniers mois, le gouvernement suédois a décidé de modifier certaines dispositions de sa législation sur l’immigration afin d’éviter de nouveaux cas similaires.
La mesure concerne principalement des jeunes arrivés en Suède lorsqu’ils étaient mineurs avec leurs parents. À leur majorité, nombre d’entre eux perdaient automatiquement le bénéfice du regroupement familial et se voyaient notifier une obligation de quitter le territoire, même lorsqu’ils poursuivaient des études ou exerçaient une activité professionnelle.
Ces situations, largement relayées par les médias suédois, trouvent leur origine dans une réforme adoptée en 2016. Celle-ci prévoyait que les jeunes atteignant l’âge de 18 ans avant l’obtention d’un permis de résidence permanent ne soient plus considérés comme faisant partie du foyer familial de leurs parents, les privant ainsi du droit de séjour lié au regroupement familial.
Pour répondre aux critiques, le gouvernement a annoncé un assouplissement du dispositif. Désormais, les jeunes concernés pourront continuer à bénéficier du regroupement familial jusqu’à l’âge de 21 ans. Cette mesure leur offrira un délai supplémentaire de trois ans durant lequel ils pourront solliciter un permis de séjour temporaire, avec la possibilité d’obtenir par la suite un titre de séjour permanent.
Le gouvernement conservateur du Premier ministre Ulf Kristersson, soutenu par les Démocrates de Suède, formation connue pour sa ligne ferme sur l’immigration, a reconnu les limites du système actuel. Présentant cette réforme, le ministre des Migrations, Johan Forssell, a salué une avancée importante.
Les personnes faisant déjà l’objet d’une décision d’expulsion mais toujours présentes sur le territoire pourront déposer une nouvelle demande de séjour. Celles qui ont quitté la Suède auront également la possibilité de solliciter un nouveau titre de séjour depuis l’étranger, notamment auprès des ambassades suédoises, sous certaines conditions.
Cette décision intervient quelques mois après la suspension temporaire des expulsions annoncée en mars, à la suite de plusieurs reportages mettant en lumière les conséquences humaines de cette législation. Parmi les cas les plus médiatisés figure celui de Jomana, arrivée en Suède à l’âge de quatre ans, mais confrontée à une mesure d’expulsion dès ses 18 ans malgré toute sa vie passée dans le pays.
Pour Johan Forssell, ces jeunes ne doivent pas être pénalisés par des règles administratives alors qu’ils ont grandi, étudié et construit leur avenir en Suède. Il estime qu’ils doivent pouvoir poursuivre leur intégration et contribuer pleinement à la société suédoise.
Aucun chiffre officiel n’a encore été communiqué concernant le nombre de bénéficiaires potentiels de cette réforme.
Cet assouplissement marque une inflexion notable dans la politique migratoire suédoise. Alors que le pays a considérablement durci ses règles d’asile depuis la crise migratoire de 2015, le gouvernement cherche désormais à corriger certaines situations jugées injustes, tout en maintenant sa politique générale de contrôle des flux migratoires.
ZA