Le gouvernement tanzanien espère conclure dans les prochains mois un accord de 42 milliards de dollars pour développer un vaste projet de gaz naturel liquéfié (GNL). Cette initiative vise à valoriser les importantes réserves gazières du pays, à attirer les investisseurs étrangers et à renforcer son potentiel énergétique.

 

La Tanzanie s’apprête à franchir une nouvelle étape dans le développement de son secteur énergétique. Le ministre des Finances, Khamis Mussa Omar, a annoncé que les autorités espéraient finaliser dans les prochains mois un accord de 42 milliards de dollars consacré à un projet d’exploitation et de transformation du gaz naturel en gaz naturel liquéfié.

 

Le projet est porté par les groupes Equinor et Shell, en partenariat avec ExxonMobil, Pavilion Energy, Medco Energi et la compagnie publique Tanzania Petroleum Development Corporation. Il vise à exploiter environ 47 130 milliards de pieds cubes de réserves de gaz naturel.

 

Une grande partie de la production devrait être destinée aux marchés internationaux, tandis qu’une fraction sera réservée à la consommation nationale. Les autorités souhaitent ainsi soutenir l’industrialisation du pays tout en développant ses recettes d’exportation.

 

Un levier pour renforcer les capacités énergétiques

 

Pour le gouvernement tanzanien, ce projet représente un instrument de croissance économique et de développement industriel. Il s’inscrit dans une stratégie plus large visant à positionner l’Afrique de l’Est comme un pôle énergétique majeur.

 

Cette ambition s’accompagne d’initiatives régionales, notamment les futures exportations de pétrole ougandais, dont le transit par le port tanzanien de Tanga est prévu à partir de 2027.

 

Parallèlement, les autorités prévoient de porter la capacité nationale de production d’électricité à 8 000 mégawatts d’ici à 2030. Selon les objectifs annoncés, près de 75 % de cette capacité devrait provenir de sources considérées comme propres par le gouvernement, notamment l’hydroélectricité, le solaire, l’éolien et le gaz naturel.

 

Les minerais critiques et les investissements étrangers en ligne de mire

 

Au-delà du gaz, la Tanzanie cherche également à développer son secteur minier. Khamis Mussa Omar a indiqué que des accords portant sur deux projets d’exploitation de minerais critiques étaient en voie de conclusion, sans communiquer davantage de détails.

 

Selon le ministre, ces secteurs suscitent un intérêt croissant de la part des investisseurs internationaux, notamment américains.

 

Pour attirer davantage de capitaux, le pays poursuit des réformes de son marché financier. Les mesures engagées comprennent l’élargissement de l’accès des investisseurs étrangers au marché obligataire national, la mise en place d’une courbe souveraine des taux et des initiatives destinées à dynamiser le marché de la dette des entreprises.

 

Une stratégie de financement tournée vers les ressources nationales

 

Ces réformes interviennent alors que les recettes nationales financent désormais près des deux tiers du budget de l’État, tandis que l’aide publique au développement représente une part marginale des ressources publiques, selon les informations communiquées.

 

Les autorités étudient également la possibilité de solliciter un nouveau programme de financement auprès du Fonds monétaire international (FMI), après l’achèvement, en juillet dernier, d’un précédent programme de 1,7 milliard de dollars.

 

La finalisation de l’accord gazier de 42 milliards de dollars constituerait une étape importante pour la stratégie énergétique et économique de la Tanzanie. Sa concrétisation dépend toutefois de la conclusion des négociations et des modalités de mise en œuvre du projet.

 

POOUZE Patrick