Le président du Conseil des ministres togolais, Faure Gnassingbé, a lancé à Djamdè un important séminaire gouvernemental consacré à l’avenir économique et social du pays. L’ambition affichée est de doubler le niveau de vie moyen des populations et de faire reculer la pauvreté à moins de 15 % d’ici 2040.
Réunis jeudi 11 juin à Djamdè, dans la préfecture de la Kozah, au nord du Togo, les membres du gouvernement et plusieurs experts participent à un séminaire stratégique destiné à définir les grandes orientations de développement du pays pour les prochaines décennies.
À l’ouverture des travaux, Faure Gnassingbé a souligné la nécessité d’engager une transformation économique capable d’améliorer durablement les conditions de vie des Togolais. L’objectif poursuivi est ambitieux : parvenir à doubler le niveau de vie moyen de la population tout en ramenant le taux de pauvreté à moins de 15 % à l’horizon 2040.
Les réflexions s’appuient sur des études et diagnostics réalisés avec l’appui de la Banque mondiale ainsi que sur l’analyse des expériences de plusieurs pays ayant réussi leur mutation économique, notamment le Vietnam, la Corée du Sud, le Cambodge, l’Indonésie, l’île Maurice et le Brésil.
Selon le chef de l’exécutif togolais, l’atteinte de ces objectifs passe par une évaluation rigoureuse des réalités nationales afin d’identifier les choix stratégiques susceptibles de transformer la croissance économique en progrès social tangible pour les populations.
Ce séminaire s’inscrit dans une dynamique de concertation périodique du gouvernement. Une première session s’était déjà tenue à Lomé les 7 et 8 avril derniers. Partenaire de longue date du Togo, la Banque mondiale accompagne plusieurs réformes engagées par les autorités dans le cadre de leur stratégie de développement.
En mai 2025, une délégation de l’institution financière internationale conduite par son vice-président pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana, avait été reçue à Lomé. À cette occasion, le gouvernement avait présenté un modèle de croissance fondé sur trois piliers majeurs, avec notamment la valorisation d’infrastructures stratégiques telles que la plateforme industrielle d’Adétikopé et le port autonome de Lomé.
Une gouvernance au cœur des débats
Au pouvoir depuis 2005 après avoir succédé à son père, Gnassingbé Eyadéma, qui a dirigé le pays pendant trente-huit ans, Faure Gnassingbé occupe depuis mai 2025 le poste de président du Conseil des ministres, devenu la principale fonction exécutive à la suite de la réforme constitutionnelle adoptée en 2024 instaurant un régime parlementaire.
Cette réforme continue toutefois de susciter des critiques au sein d’une partie de l’opposition et de la société civile, qui y voient un moyen de prolonger son maintien à la tête de l’État. Les autorités défendent, pour leur part, une modernisation des institutions destinée à renforcer la gouvernance du pays.
En 2025, la capitale togolaise a été le théâtre de plusieurs manifestations liées au coût de la vie et aux questions de gouvernance, des mouvements qui ont été dispersés par les forces de sécurité.
Vers la concrétisation des objectifs de 2040
Les travaux de Djamdè doivent permettre d’orienter les futurs arbitrages budgétaires et sectoriels afin de traduire les ambitions fixées pour 2040 en programmes concrets et opérationnels. Située dans la région de la Kara, à plus de 400 kilomètres de Lomé, la localité de Djamdè devient ainsi le point de départ d’une nouvelle phase de réflexion sur le développement économique et social du Togo.
Les conclusions de ce séminaire devraient servir de base à l’élaboration des prochaines politiques publiques, avec pour défi majeur de concilier croissance économique, création d’emplois et amélioration durable des conditions de vie des populations togolaises.
POUZE PATRICK