Les agents du Port autonome de Lomé (PAL) prévoient d’observer un mouvement de grève de trois jours, du 25 au 27 juin 2026, pour protester contre la non-satisfaction de plusieurs revendications sociales. L’annonce a été faite à travers un préavis déposé par leur syndicat et relayé par le journal togolais L’Alternative le 8 juin.

 

Cette décision fait suite à plusieurs assemblées générales organisées les 6 octobre 2025, 17 janvier 2026 et 30 mai 2026. À l’issue de ces rencontres, les travailleurs ont adopté différentes résolutions visant à obtenir une amélioration de leurs conditions de travail.

 

À la date de publication de l’information, la direction générale du Port autonome de Lomé, dirigée par le contre-amiral Fogan Kodjo Adégnon, ne s’était pas encore exprimée publiquement sur ce préavis. Selon L’Alternative, plus de 3 000 dockers et agents exercent leurs activités au sein de la plateforme portuaire.

 

Des revendications sociales au cœur du mouvement

Parmi les principales doléances figurent l’élaboration d’un statut applicable à l’ensemble du personnel, le respect de l’accord collectif d’établissement, le paiement des heures supplémentaires ainsi que la déclaration de tous les dockers occasionnels à la Caisse nationale de sécurité sociale.

 

Le syndicat réclame également le versement de certaines primes, notamment celles liées à la manutention et aux conditions de travail, ainsi que la mention des classifications professionnelles sur les bulletins de salaire.

 

Les représentants des travailleurs appuient leurs revendications sur l’arrêté conjoint du 19 août 1976 portant statut particulier du personnel du Port autonome de Lomé, dont ils demandent l’application intégrale.

 

Un port stratégique confronté à des tensions sociales

Premier port de transbordement d’Afrique subsaharienne, le Port autonome de Lomé occupe une place centrale dans l’économie togolaise et régionale. Classé parmi les 100 premiers ports mondiaux selon Lloyd’s List 2025, il a enregistré un trafic de 30,6 millions de tonnes de marchandises en 2024, en hausse de 1,85 % par rapport à l’année précédente.

 

Le secteur maritime représente à lui seul près de 75 % des recettes fiscales du Togo, selon les données du ministère de l’Économie maritime.

 

Malgré ces performances, plusieurs tensions sociales ont été signalées ces derniers mois. Des difficultés liées aux conditions de travail et à certaines questions de gestion ont régulièrement alimenté les préoccupations des employés.

 

Seize jours pour éviter un arrêt des activités

Le préavis déposé le 8 juin laisse une période de seize jours aux différentes parties pour engager des discussions et tenter de trouver un terrain d’entente avant le début du mouvement.

 

Cette procédure est conforme aux dispositions du Code du travail togolais, qui prévoit un délai de préavis avant toute cessation d’activité dans les entreprises publiques ou d’intérêt général.

 

Une interruption des activités au Port autonome de Lomé pourrait avoir des répercussions au-delà des frontières togolaises. La plateforme portuaire joue en effet un rôle essentiel dans les échanges commerciaux de plusieurs pays enclavés de la sous-région, notamment le Burkina Faso, le Mali et le Niger, qui utilisent largement le corridor logistique de Lomé pour leurs importations et exportations.

 


Alors que l’échéance du 25 juin approche, les regards sont désormais tournés vers les éventuelles négociations entre les représentants des travailleurs et la direction du port. Un accord avant la date annoncée permettrait d’éviter des perturbations susceptibles d’affecter l’un des principaux hubs maritimes d’Afrique de l’Ouest.

 

NDC