L’accélération de l’électrification des transports pourrait exercer une forte pression sur l’approvisionnement mondial en cuivre à l’horizon 2040. Selon une analyse de Wood Mackenzie, les capacités de production minière risquent de progresser moins rapidement que la demande alimentée par les véhicules électriques et les infrastructures qui les accompagnent.

 


Le cuivre pourrait devenir l’un des principaux points de tension de la transition vers les véhicules électriques. Dans son rapport Electric Shock, Wood Mackenzie estime qu’une adoption plus rapide de ces véhicules entraînerait une augmentation importante des besoins en cuivre, alors que la mise en exploitation de nouvelles capacités minières nécessite plusieurs années.

 

Le cuivre au cœur de l’électrification des transports

 

La transition vers les véhicules électriques devrait stimuler la consommation de plusieurs métaux nécessaires aux batteries, moteurs, câbles et infrastructures de recharge.

 

Mais le défi ne repose pas uniquement sur l’existence de ressources dans le sous-sol. La capacité des compagnies minières à découvrir de nouveaux gisements, à mobiliser les financements nécessaires et à les mettre en production suffisamment rapidement constitue également un enjeu majeur.

 

Dans son analyse, Wood Mackenzie identifie ainsi le cuivre comme le principal risque minier associé à une accélération de l’adoption des véhicules électriques. Le métal est utilisé aussi bien dans les systèmes électriques des véhicules que dans les réseaux et les équipements nécessaires au déploiement des infrastructures de recharge.

 

De longs délais avant l'ouverture de nouvelles mines

 

L’un des principaux défis concerne le temps nécessaire à la mise en exploitation d’une mine de cuivre. Entre l’exploration, les études de faisabilité, l’obtention des autorisations, le financement, la construction et la montée en puissance, plusieurs années peuvent s’écouler.

 

L’extension de mines déjà en activité peut permettre de réduire certains délais. Cette solution reste toutefois tributaire des caractéristiques géologiques des sites, des infrastructures existantes et des décisions d’investissement.

 

Cette rigidité de l’offre pourrait devenir particulièrement problématique si les ventes de véhicules électriques progressent plus rapidement que prévu. La demande de cuivre augmenterait alors à un rythme auquel la production minière pourrait difficilement s’adapter.

 

Un risque jugé supérieur à celui du cobalt

 

Wood Mackenzie place ainsi le cuivre devant le cobalt parmi les métaux susceptibles de constituer un frein minier à la transition électrique.

 

Cette analyse ne signifie toutefois pas que les ressources mondiales en cuivre seraient proches de l’épuisement. Elle souligne plutôt le risque d’une progression insuffisante des capacités de production face à l’augmentation de la demande.

 

Le cobalt demeure, de son côté, stratégique pour plusieurs technologies de batteries. Mais son risque d’approvisionnement apparaît moins élevé dans l’analyse, notamment en raison du développement de nouvelles chimies de batteries permettant de réduire, voire de supprimer, son utilisation.

 

Le cuivre reste en revanche difficile à remplacer à grande échelle dans les systèmes électriques, ce qui pourrait maintenir une forte pression sur sa demande.

 

Des perspectives encore dépendantes de plusieurs facteurs

 

L’évolution du marché dépendra notamment du rythme d’adoption des véhicules électriques, des innovations technologiques, du développement des réseaux électriques et du niveau des investissements consacrés aux nouvelles capacités minières.

 

L’analyse citée ne fournit toutefois pas de chiffre précis sur l’ampleur d’un éventuel déficit de cuivre ni sur le montant des investissements nécessaires d’ici 2040.

 


À mesure que l’électrification des transports s’accélère, le défi pourrait donc se déplacer des seules technologies de batteries vers la capacité de l’industrie minière à fournir suffisamment de cuivre pour accompagner la transformation des véhicules et des infrastructures électriques.

 

KR