Huit migrants originaires de Ben Guerdane ont perdu la vie dans le naufrage de leur embarcation au large de Zarzis alors qu’ils tentaient de gagner l’Europe. Le drame plonge la ville dans le deuil et ravive les critiques sur le chômage et le manque de perspectives économiques dans cette région du sud-est tunisien.

 

La ville de Ben Guerdane, dans le sud-est de la Tunisie, est sous le choc après la mort de huit migrants dans le naufrage de leur embarcation au large de Zarzis. Les victimes tentaient de traverser clandestinement la Méditerranée pour rejoindre l’Europe lorsqu’est survenu le drame.

 

Des habitants se sont rassemblés pour rendre un dernier hommage aux victimes lors de leurs funérailles. Au-delà de l’émotion, ces décès relancent le débat sur les difficultés économiques qui poussent encore de nombreux jeunes Tunisiens à prendre la mer au péril de leur vie.

 

« Ces jeunes rêvaient d’un avenir meilleur. Ils se sont engagés sur la route de la mort, en empruntant la difficile voie maritime, à cause des conditions misérables dans lesquelles ils vivaient », a témoigné Ali Eknis, un habitant de Zarzis.

 

À Ben Guerdane, le deuil se mêle à la colère

 

Située à proximité de la frontière avec la Libye, Ben Guerdane fait face à d’importantes difficultés économiques. Le naufrage a ainsi ravivé les revendications d’une partie de la population, qui réclame davantage d’attention de la part des autorités locales et nationales.

 

Pour Hamza Ardhawi, habitant de la ville, la situation ne cesse de se détériorer. Il appelle les responsables à agir avant que les difficultés sociales et économiques auxquelles sont confrontées les populations ne s’aggravent davantage.

 

Dans la ville endeuillée, plusieurs habitants pointent notamment du doigt le chômage et le manque de perspectives professionnelles. Des difficultés qui, selon eux, alimentent le désir de départ de certains jeunes vers l’Europe, malgré les dangers liés aux traversées clandestines.

 

« Nous ne voulons plus de discours ni de promesses »

 

Face à cette situation, Noureddine Chafai, également habitant de Ben Guerdane, réclame des mesures concrètes pour offrir davantage d’opportunités aux jeunes de la région.

 

« Nous ne voulons plus de discours ni de promesses », affirme-t-il. Il appelle notamment à des investissements publics et à un soutien accru au secteur privé afin de favoriser la création d’emplois durables.

 

Le naufrage a également provoqué des manifestations et renforcé les appels à une amélioration des conditions économiques dans cette partie de la Tunisie. Selon Al Jazeera, les recherches se poursuivent après le drame.

 

La Méditerranée, une route toujours meurtrière

 

Cette nouvelle tragédie rappelle les risques auxquels s’exposent les personnes qui tentent de rejoindre l’Europe par des voies maritimes irrégulières. Malgré les naufrages et les pertes en vies humaines, la Méditerranée continue d’être empruntée par des migrants en quête de meilleures perspectives.

 

À Ben Guerdane, les funérailles des huit victimes laissent ainsi derrière elles une ville endeuillée, mais aussi une population qui réclame des réponses concrètes aux difficultés économiques qui poussent une partie de sa jeunesse à envisager le départ.

 

 

POUZE Patrick