Plusieurs manifestants se sont rassemblés samedi devant le siège du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Tunis afin de réclamer l’expulsion des migrants en situation irrégulière originaires d’Afrique subsaharienne et le départ de l’agence onusienne du territoire tunisien.
Les protestataires ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une pression migratoire croissante sur le pays et ont appelé les autorités à renforcer les mesures de contrôle des flux migratoires.
Depuis la signature d’un accord de coopération entre l’Union européenne et la Tunisie en 2023, le pays est devenu l’un des principaux points de transit pour les migrants cherchant à rejoindre l’Europe par la Méditerranée. Cette situation a contribué à placer la question migratoire au cœur du débat public tunisien.
Dans ce contexte, de nombreux migrants subsahariens affirment être confrontés à des discours hostiles et à des risques d’agressions. Plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent une montée des sentiments xénophobes alimentée par certains discours politiques.
Parmi les participants au rassemblement figurait la blogueuse et militante Rim Moualhi, qui a rejeté les accusations de racisme visant la Tunisie.
« Les pays occidentaux mentent en affirmant que la Tunisie est raciste et en martelant cette affirmation jusqu’à ce qu’elle devienne une réalité », a-t-elle déclaré.
La militante a également accusé certaines organisations et acteurs étrangers de chercher à influencer la situation migratoire dans le pays, estimant que la Tunisie devait préserver sa souveraineté face aux défis actuels.
Les critiques adressées au HCR ne se limitent toutefois pas à la Tunisie. Jeudi, plusieurs centaines de manifestants s’étaient également rassemblés devant le siège de l’organisation à Tripoli, en Libye, pour exprimer leur mécontentement concernant la gestion des questions migratoires.
Ces mobilisations illustrent les tensions croissantes autour de la migration dans plusieurs pays d’Afrique du Nord, devenus des zones de transit majeures vers l’Europe. Elles mettent également en lumière les défis auxquels sont confrontés les gouvernements de la région, entre gestion des flux migratoires, respect des droits humains et préoccupations liées à la sécurité.
Alors que le débat reste particulièrement sensible, les organisations internationales continuent d’appeler à une approche équilibrée conciliant protection des migrants, coopération régionale et respect des obligations internationales.