| En l'espace d'un mois, plus de 38 000 ressortissants malawites ont quitté l'Afrique du Sud pour regagner leur pays. Les autorités du Malawi évoquent un climat d'intimidation et de violences visant les populations étrangères, dans un contexte de recrudescence des tensions xénophobes. |
Le Malawi a annoncé le retour de 38 094 de ses ressortissants ayant quitté l'Afrique du Sud entre le 7 juin et le 8 juillet 2026. Ces départs massifs interviennent alors que de nombreux migrants dénoncent des menaces, des intimidations et des violences liées à une montée des discours hostiles aux étrangers.
Six décès enregistrés durant le rapatriement
Selon le département malawite de gestion des catastrophes, six personnes sont décédées au cours de l'opération de retour. Quatre ont perdu la vie durant le trajet et deux autres après leur arrivée au Malawi.
Les autorités précisent que toutes les victimes souffraient déjà de problèmes de santé. D'après le commissaire Wilson Moleni, les déplacements incessants imposés par les menaces ont empêché plusieurs migrants d'accéder à leurs traitements médicaux, aggravant ainsi leur état de santé.
Une opération de grande ampleur
Pour assurer le rapatriement, plus de 570 bus ont été mobilisés. La majorité des retours a transité par le poste-frontière de Beitbridge, entre l'Afrique du Sud et le Zimbabwe.
Les autorités sud-africaines indiquent qu'environ 46 000 personnes ont franchi ce point de passage depuis le début de la crise, parmi lesquelles figuraient de nombreux ressortissants malawites et zimbabwéens.
Une crise qui touche plusieurs nationalités
Le départ massif des Malawites s'inscrit dans un mouvement plus large affectant plusieurs communautés étrangères installées en Afrique du Sud.
Depuis la fin du mois de mai, des ressortissants du Zimbabwe, du Mozambique, du Ghana, du Nigeria, de l'Ouganda et d'autres pays africains ont également quitté le territoire sud-africain.
Les tensions sont alimentées par des accusations visant les migrants, notamment ceux en situation irrégulière, accusés de peser sur l'emploi et les services publics. Des organisations de défense des droits humains dénoncent une montée des actes de xénophobie.
La police sud-africaine a confirmé que plusieurs étrangers ont perdu la vie lors d'incidents liés à ces violences, dont des ressortissants mozambicains, malawites et éthiopiens.
Près de 60 000 départs recensés
Les autorités sud-africaines estiment qu'environ 60 000 personnes ont quitté le pays depuis le début de cette vague de tensions, entre retours volontaires, rapatriements organisés et expulsions.
Le Zimbabwe affirme avoir facilité le retour de plus de 21 300 de ses citoyens, tandis que l'Ouganda annonce le rapatriement d'environ 1 100 ressortissants. Plusieurs centaines de Mozambicains et de Kényans ont également quitté l'Afrique du Sud.
Cette nouvelle vague de départs relance le débat sur la protection des migrants en Afrique du Sud, un pays qui accueille l'une des plus importantes populations étrangères du continent mais où les difficultés économiques et sociales continuent d'alimenter des épisodes récurrents de xénophobie.
Pouze patrick