La reprise des combats dans l’ouest du Yémen a contraint 82 164 personnes à abandonner leur domicile depuis le début de septembre 2026, selon l’Organisation internationale pour les migrations. Plus de 2 000 d’entre elles ont traversé la mer Rouge pour trouver refuge à Djibouti.
La nouvelle offensive lancée par les Houthis dans l’ouest du Yémen provoque une importante vague de déplacements. D’après les données communiquées dimanche par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 82 164 personnes ont été contraintes de quitter leur foyer depuis le début du mois de septembre.
Plus de 2 000 déplacés ont choisi de traverser la mer Rouge pour rejoindre les côtes septentrionales de Djibouti, notamment les environs d’Obock. Face à ces arrivées, les autorités djiboutiennes ont mis en place un dispositif d’urgence avec l’appui des Nations unies.
La directrice générale de l’OIM, Amy Pope, a rappelé que ces chiffres recouvrent des situations humaines particulièrement éprouvantes. « Derrière chaque chiffre, il y a une famille qui a tout perdu », a-t-elle déclaré, soulignant que de nombreux Yéménites avaient déjà été déplacés plusieurs fois depuis le début du conflit en 2014.
« Ils traversent la mer sans rien parce qu’ils n’ont pas d’autre choix. Le Yémen est un pays déchiré par la pauvreté et le conflit et ne peut pas faire face à cette crise seul », a-t-elle ajouté.
Amy Pope a appelé les pays donateurs à augmenter immédiatement leur soutien, aussi bien en faveur des personnes arrivant à Djibouti que des communautés d’Obock mobilisées pour les accueillir.
La province de Taiz concentre la majeure partie des mouvements de population, avec près de 56 000 déplacés recensés. L’OIM fait également état d’importants déplacements dans les provinces de Lahj et de Hodeïda, notamment parmi les habitants originaires de Hays.
Environ 2 500 personnes auraient aussi quitté Aden, dans le sud du pays. Ces données pouvant couvrir différents mouvements ou étapes de déplacement, elles ne doivent pas nécessairement être additionnées pour établir le nombre total de personnes concernées.
La fermeture de plusieurs routes et l’interruption des voies d’approvisionnement compliquent par ailleurs l’acheminement de l’aide. L’OIM réclame un accès humanitaire sans entrave ainsi que des garanties de sécurité pour les civils et les travailleurs humanitaires.
Des avancées stratégiques sur la mer Rouge
Les Houthis ont lancé leur offensive le 3 septembre dans plusieurs zones des provinces de Taiz et de Hodeïda. Ils ont depuis réalisé d’importantes avancées, notamment en prenant le contrôle de la ville portuaire de Mokha et d’autres positions stratégiques proches de la mer Rouge.
Ces gains constituent un revers majeur pour les forces fidèles au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale. Ils rapprochent également les Houthis du détroit de Bab el-Mandeb, un passage essentiel pour le commerce maritime mondial.
Les rebelles ont assuré qu’ils ne perturberaient pas la navigation internationale. Leur progression renforce néanmoins les inquiétudes concernant la sécurité maritime dans une région déjà fragilisée par les tensions autour du détroit d’Ormuz.
Cette nouvelle escalade menace de mettre définitivement fin à la période de calme relatif observée depuis la trêve négociée par les Nations unies en 2022. Elle compromet également les efforts de médiation destinés à parvenir à un règlement politique du conflit commencé en 2014.
Après plus d’une décennie de guerre, de pauvreté et de déplacements répétés, le Yémen demeure confronté à l’une des crises humanitaires les plus graves au monde. La progression rapide du nombre de déplacés fait désormais craindre une aggravation durable des besoins en nourriture, en abris, en soins et en protection.