Le président zambien Hakainde Hichilema a été réélu pour un nouveau mandat avec environ 60 % des suffrages exprimés, selon les résultats annoncés mardi par la Commission électorale. Son principal adversaire, Brian Mundubile, recueille près de 38 % des voix, dans un scrutin marqué par des accusations de fraude et des tensions post-électorales.

 

 

Le président zambien Hakainde Hichilema a été réélu à la tête du pays avec environ 60 % des suffrages exprimés lors de l’élection présidentielle du 13 août. Le résultat, annoncé mardi par la Commission électorale de Zambie, intervient au terme d’un scrutin marqué par des accusations de fraude de l’opposition, des incidents lors du dépouillement et des critiques sur les conditions de la campagne électorale.

 

Au pouvoir depuis 2021, Hakainde Hichilema faisait face à 13 adversaires. Son principal concurrent, Brian Mundubile, ancien ministre provincial âgé de 55 ans, participait pour la première fois à une élection présidentielle.

 

Entré dans la course en mai, ce dernier a obtenu près de 38 % des suffrages, selon Mwangala Zaloumis, présidente de la Commission électorale de Zambie.

 

Cinq circonscriptions encore à dépouiller

 

Au moment de l’annonce des résultats, cinq des 226 circonscriptions électorales n’avaient pas encore achevé leur dépouillement.

 

La Commission électorale estime toutefois que ces résultats ne devraient pas modifier l’issue du scrutin.

 

« Les résultats manquants ne devraient pas avoir d’incidence significative sur le résultat global de cette élection », a indiqué Mwangala Zaloumis.

 

Un scrutin marqué par des accusations de fraude

 

L’élection présidentielle s’est déroulée dans un climat tendu. L’opposition a notamment formulé des accusations de fraude.

 

Le dépouillement des votes a également connu une suspension à l’échelle nationale après des agressions contre des membres du personnel électoral et le vol de bulletins de vote déjà marqués.

 

Avant même le scrutin, plusieurs partis d’opposition et organisations de la société civile avaient dénoncé un rétrécissement de l’espace politique et des restrictions imposées pendant la campagne électorale.

 

Des missions d’observation nationales et internationales ont estimé que ces conditions avaient contribué à créer un terrain électoral inégal.

 

Des arrestations après le scrutin

 

Les tensions se sont accentuées après le vote. Près d’une douzaine de personnes, parmi lesquelles des personnalités de premier plan de l’opposition, ont été arrêtées lors d’une opération au cours de laquelle des coups de feu ont été échangés.

 

Le gouvernement affirme que les personnes interpellées étaient impliquées dans des activités de milices ou d’insurgés en marge des élections. Le parti NRPUP de Brian Mundubile rejette ces accusations.

 

Un scrutin également centré sur le bilan économique

 

Cette présidentielle était aussi considérée comme un test du premier mandat de Hakainde Hichilema.

 

Durant cette période, l’économie zambienne a renoué avec la croissance après plusieurs années marquées par des difficultés budgétaires.

 

Avec environ 60 % des suffrages, Hakainde Hichilema obtient ainsi un nouveau mandat à la tête de la Zambie. Sa réélection intervient toutefois dans un climat politique marqué par les contestations de l’opposition et les critiques entourant le déroulement du processus électoral.

 

POUZE Patrick