L’accord technique, annoncé le 9 octobre 2026, reste soumis à l’approbation du conseil d’administration du Fonds monétaire international. Lusaka ntend redresser ses finances publiques, fragilisées par des recettes fiscales inférieures aux prévisions.

 

 

La Zambie franchit une nouvelle étape dans ses discussions avec le Fonds monétaire international (FMI). Les deux parties ont conclu un accord au niveau des services sur un nouveau programme de financement de 1,472 milliard de dollars sur trois ans, a annoncé l’institution financière le 9 octobre 2026.

 

Cet accord technique ne signifie toutefois pas que les fonds sont immédiatement disponibles. Le financement reste conditionné à l’approbation du conseil d’administration du FMI et à la réalisation de certaines mesures préalables.

 

Selon Reuters, Edward Gemayel, chef de mission du FMI pour la Zambie, a indiqué que l’examen du dossier par le conseil était attendu vers décembre 2026. Si le programme est approuvé, les décaissements devraient intervenir tous les six mois.

 

Des finances publiques sous pression

 

Ce nouvel accord intervient après l’ouverture des négociations à Lusaka, fin septembre, en vue de prolonger la coopération financière entre le pays et le FMI. Le précédent programme, d’un montant de 1,7 milliard de dollars, avait expiré en janvier 2026, après avoir accompagné la Zambie dans la gestion de sa crise de la dette souveraine, marquée par un défaut de paiement en 2020.

 

Malgré une croissance économique projetée à 5,6 % pour 2026, les finances publiques zambiennes connaissent de nouvelles tensions. Le FMI explique cette situation par des recettes de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et des taxes sur les carburants inférieures aux prévisions. À l’inverse, les dépenses de l’organisme public chargé des réserves alimentaires ont dépassé les montants initialement budgétisés.

 

Pour corriger ces déséquilibres, le programme envisagé prévoit un renforcement de la mobilisation des recettes fiscales, une révision des exonérations fiscales et un meilleur encadrement des risques budgétaires liés aux entreprises publiques.

 

L’objectif est de porter progressivement l’excédent budgétaire primaire à 3 % du produit intérieur brut (PIB) en 2029, tout en préservant les dépenses sociales prioritaires.

 

Des indicateurs économiques à surveiller

 

Certains indicateurs affichent néanmoins des évolutions favorables. En septembre 2026, l’inflation était retombée à 6,1 %, revenant dans la fourchette cible de la banque centrale. Les réserves internationales brutes atteignaient, quant à elles, 6,1 milliards de dollars.

 

L’approbation du nouveau programme constituera une étape importante pour la stratégie budgétaire de Lusaka. Son efficacité dépendra notamment de la capacité des autorités à améliorer les recettes publiques, à maîtriser les dépenses et à maintenir la protection des populations les plus vulnérables.

 

POUZE Patrick