| Les missions internationales déployées pour les élections générales du 13 août 2026 alertent sur plusieurs incidents susceptibles d’affecter la confiance des électeurs. Elles appellent les partis politiques au calme et au respect du processus électoral. |
Les observateurs internationaux présents en Zambie ont exprimé, samedi 15 août 2026, leurs préoccupations après des signalements d’intimidations, d’agressions et d’enlèvements présumés. L’interruption pendant environ six heures du dépouillement des votes a également alimenté les tensions autour du scrutin présidentiel.
Le président sortant, Hakainde Hichilema, 64 ans, brigue un second mandat. Il affronte principalement Brian Mundubile, 55 ans, ancien ministre issu du précédent gouvernement du Front patriotique.
Un dépouillement suspendu pendant six heures
La Commission électorale zambienne avait suspendu, vendredi, le dépouillement et la publication des résultats après des violences signalées contre des agents électoraux et des vols présumés de bulletins de vote.
Les opérations ont finalement repris environ six heures plus tard, après que la commission a annoncé que la menace pesant sur le processus électoral avait été maîtrisée.
Cette interruption a provoqué incertitude et inquiétude parmi les électeurs et les acteurs politiques. Pour plusieurs observateurs, une suspension nationale paraissait disproportionnée, alors que seul un nombre limité des quelque 13 000 bureaux de vote aurait été touché.
Des allégations encore non vérifiées
La mission de la Communauté de développement de l’Afrique australe, dirigée par l’ancien ministre malawien de la Justice Samuel Tembenu, a indiqué avoir reçu des informations faisant état d’intimidations, d’agressions, d’enlèvements et de destructions de biens dans cinq provinces.
Elle a toutefois précisé qu’elle n’avait pas été en mesure de vérifier l’ensemble de ces signalements. Certains incidents auraient provoqué des blessures et, selon un témoignage recueilli par la mission, des décès.
La police zambienne a, de son côté, annoncé l’arrestation de neuf suspects après le meurtre d’un agent électoral de 57 ans dans un township situé en périphérie de Lusaka. Elle assure néanmoins que le scrutin s’est globalement déroulé dans le calme.
L’opposition dénonce des pressions
La mission d’observation du Parlement européen affirme également avoir reçu des informations faisant état de pressions contre des partis d’opposition.
Des candidats se seraient retirés sous la contrainte, tandis que certains rassemblements auraient été interrompus par des violences. Des accusations d’intimidation visant les forces de sécurité ont aussi été rapportées.
Les observateurs européens estiment que les élections se sont déroulées dans un contexte de restriction de l’espace démocratique. Ils relèvent notamment une confusion entre les moyens de l’État et ceux du parti au pouvoir, ainsi qu’une couverture des médias publics largement favorable au gouvernement.
Un appel à préserver la confiance des électeurs
L’ancien président du Botswana, Mokgweetsi Masisi, qui dirige la mission de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, a averti que l’interruption du dépouillement pouvait fragiliser la crédibilité du processus électoral.
Sa mission a demandé aux principaux partis de réduire les tensions, d’éviter les proclamations prématurées de victoire et de renoncer aux discours susceptibles d’attiser les violences.
Les observateurs recommandent également la publication, à l’échelle nationale, des résultats détaillés de chaque bureau de vote. Cette transparence permettrait, selon eux, de renforcer la confiance de la population et de faciliter la résolution d’éventuelles contestations.
Un scrutin décisif pour Hichilema
Environ 8,7 millions d’électeurs étaient inscrits pour cette consultation dans un pays de 22 millions d’habitants. La Commission électorale s’est engagée à publier les résultats définitifs au plus tard lundi.
Cette élection constitue un test pour Hakainde Hichilema après cinq années au pouvoir. Malgré le retour de la croissance économique, une grande partie de la population reste confrontée à la pauvreté et à la hausse du coût de la vie.
Alors que le dépouillement se poursuit, les missions d’observation appellent les candidats et leurs partisans à privilégier les voies légales et pacifiques pour toute contestation des résultats. SADC
TALLEB DE LA