Surchargé de passagers et de marchandises, le ferry a chaviré après avoir été frappé par de fortes vagues. Alors que 77 personnes ont été secourues, les recherches se poursuivent pour retrouver d’éventuelles victimes.

 

Le naufrage d’un ferry sur le lac Kariba, dans le nord du Zimbabwe, a fait au moins 94 morts, selon le dernier bilan communiqué par le gouvernement. Survenu la semaine dernière, le drame est désormais considéré comme la catastrophe de transport la plus meurtrière de l’histoire du pays.

 

L’embarcation appartenant à l’État assurait une liaison entre la ville de Kariba et une communauté rurale isolée. Elle transportait environ 180 passagers, ainsi qu’une importante quantité de marchandises, alors qu’elle était conçue pour accueillir seulement 90 personnes.

 

Une embarcation largement surchargée

 

Les autorités zimbabwéennes ont confirmé que le ferry avait dépassé sa capacité maximale, aussi bien en nombre de passagers qu’en volume de marchandises. Durant la traversée, l’embarcation aurait été frappée par de fortes vagues avant de chavirer.

 

Parmi les passagers figuraient des commerçants, mais également de nombreux parents qui ramenaient leurs enfants à la maison pour les vacances scolaires. Pour les habitants des zones rurales, ce ferry représentait un moyen de transport essentiel et financièrement accessible.

 

Une survivante interrogée par l’Agence France-Presse a expliqué que plusieurs passagers avaient exprimé leurs inquiétudes face à l’agitation du lac. Selon elle, les gilets de sauvetage étaient ensevelis sous les bagages, ce qui les rendait difficilement accessibles. Moins d’une trentaine de personnes auraient réussi à en récupérer un.

 

« Les enfants criaient et la plupart des passagers vomissaient, mais le capitaine ne semblait pas s’en soucier », a-t-elle témoigné.

 

Soixante-dix-sept personnes secourues

 

D’après le gouvernement, 77 passagers ont pu être secourus. Les plongeurs poursuivent les opérations de recherche et de récupération dans les eaux du lac Kariba.

 

Les courants ont cependant éloigné plusieurs corps du lieu du naufrage. Certaines dépouilles auraient dérivé vers la Zambie, pays frontalier avec lequel le Zimbabwe partage le lac.

 

L’identification des victimes représente un autre défi pour les autorités et les familles. En raison de l’état de certains corps, des proches sont parfois contraints de se fier aux vêtements ou aux objets personnels retrouvés. Des analyses ADN pourraient être nécessaires pour confirmer certaines identités.

 

Des familles entières frappées par le drame

 

De nombreux enfants figurent parmi les victimes. Certaines familles ont été entièrement décimées, tandis que plusieurs habitants restent sans nouvelles de proches qui se trouvaient probablement à bord du ferry.

 

Face à l’ampleur de la catastrophe, le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa a déclaré l’état de catastrophe. Une cérémonie d’hommage aux victimes a également été organisée dans un stade de la ville de Kariba.

 

Selon le quotidien public The Herald, ce naufrage dépasse désormais le bilan de l’accident d’un autocar qui avait fait 89 morts en 1991 et qui constituait, jusqu’ici, la catastrophe de transport la plus meurtrière du Zimbabwe.

 

Situé à la frontière entre le Zimbabwe et la Zambie, le lac Kariba est l’un des plus grands réservoirs artificiels au monde. Indispensable au transport des populations, à la pêche et à la production d’électricité, il est aujourd’hui devenu le théâtre d’un drame national dont le bilan pourrait encore évoluer.

 

POUZE Patrick