Nigeria : la mégaraffinerie de Dangote bientôt en Bourse

Nigeria : la mégaraffinerie de Dangote bientôt en Bourse

Aliko Dangote prépare la cession d’environ 10 % du capital de sa raffinerie via une introduction en Bourse simultanée sur plusieurs places africaines, une opération destinée à mobiliser des capitaux pour financer un vaste plan d’investissement. L’offre, qui vise prioritairement des investisseurs du continent, devrait être conduite par Stanbic IBTC Capital, Vetiva Advisory Services et FirstCap Ltd, selon les éléments rapportés par Bloomberg.

Le dossier concerne Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals, unité centrale du groupe industriel dirigé par l’homme d’affaires nigérian. Le milliardaire a déclaré vouloir « inscrire autant que possible, peut‑être 10 % » du capital, sans préciser pour l’instant les détails techniques de l’opération ni la valorisation envisagée. Parmi les leviers d’attractivité mentionnés figure la possibilité de versements de dividendes libellés en dollars.

Cette ouverture partielle du capital intervient dans le cadre d’un programme d’investissements de 40 milliards de dollars sur cinq ans, orienté vers l’accroissement des capacités industrielles et la création de chaînes de valeur régionales. Le plan inclut des développements dans les engrais, le raffinage et les ressources minières, avec des projets annoncés en République démocratique du Congo et en Zambie.

Objectifs industriels, exportations et portée financière

La raffinerie, dotée d’une capacité de 650 000 barils par jour, est aujourd’hui l’un des plus importants actifs pétroliers du continent. Elle a enregistré une hausse des volumes exportés ces dernières semaines : environ 79 500 barils de diesel par jour en avril contre 73 600 en mars, tandis que les expéditions d’essence se sont établies à 50 100 barils par jour en avril, contre près de 102 400 barils par jour le mois précédent. L’unité fournit également du carburant aviation à des clients européens.

Sur le volet industriel, le groupe prévoit de multiplier par quatre la production d’engrais et de plus que doubler ses capacités de raffinage. Des investissements sont également prévus dans la filière cuivre en Zambie et pour l’exploitation de potasse et phosphate en République démocratique du Congo, selon les déclarations publiques du groupe relayées lors d’un événement à Washington.

Pour conduire l’introduction, trois banques et conseils financiers africains ont été mandatés : Stanbic IBTC Capital, Vetiva Advisory Services et FirstCap Ltd. Des discussions portent sur une inscription croisée sur plusieurs marchés du continent, la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) figurant parmi les places envisagées dans les échanges médiatiques.

Analystes et sources du secteur relèvent la rentabilité de l’installation : Alan Gelder, analyste chez Wood Mackenzie, cité par Bloomberg, qualifie la raffinerie de « extrêmement rentable ». Le programme d’investissement de 40 milliards de dollars vise à capter davantage de valeur ajoutée localement et à renforcer des capacités industrielles déficitaires en Afrique.

La fortune d’Aliko Dangote est évaluée à 32,8 milliards de dollars selon le Bloomberg Billionaires Index et la mise sur le marché d’une fraction du capital de sa raffinerie représente une stratégie de financement pour soutenir les projets annoncés.

 

RNDC


 

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