| La cérémonie de clôture de l’opération FCTC ZAKA BSIC Bénin 2026-2033 s’est tenue le 26 octobre 2026 à Cotonou, en marge du Capital Reach Forum. Cette titrisation de 15 milliards de francs CFA, qui constitue la première obligation sociale du programme ZAKA, vise à renforcer les capacités de financement de la banque en faveur du logement abordable. |
Le financement du logement abordable franchit une nouvelle étape au Bénin. Le 26 octobre 2026, à Cotonou, la cérémonie de clôture de l’opération FCTC ZAKA BSIC Bénin 2026-2033 a marqué l’aboutissement d’une titrisation de 15 milliards de francs CFA. Organisée dans le cadre du Capital Reach Forum, cette opération doit permettre à la Banque sahélo-saharienne pour l’investissement et le commerce (BSIC Bénin) de mobiliser des ressources à long terme.
Ce troisième compartiment du programme ZAKA présente une particularité : il constitue la première obligation sociale du programme. L’initiative associe ainsi le recours au marché financier régional à un objectif social, celui d’améliorer le financement de logements accessibles aux ménages à revenus faibles et intermédiaires.
Pour la banque, cette opération répond à un besoin de diversification des ressources financières et de renforcement de ses capacités de crédit.
La titrisation, un levier pour financer les crédits immobiliers
La titrisation consiste à céder un portefeuille de créances à un fonds qui se finance auprès d’investisseurs. Ce mécanisme permet à une banque de mobiliser des ressources supplémentaires et d’améliorer la gestion de son bilan.
Seibou Illiassou, directeur du département des Finances et de la comptabilité de BSIC Bénin, a souligné l’intérêt de cet instrument pour rapprocher la durée des ressources mobilisées de celle des crédits accordés. Cette adéquation est particulièrement importante pour les prêts hypothécaires, qui nécessitent des financements longs et stables.
En mobilisant des capitaux sur le marché financier régional, BSIC Bénin entend ainsi disposer de moyens supplémentaires pour accompagner le financement immobilier.
Les fonds destinés au logement abordable
L’affectation des ressources constitue l’un des principaux engagements de l’opération. Jean-Philippe Aithnard, directeur général adjoint de BOAD Titrisation, a rappelé que BSIC Bénin s’est engagée à consacrer les fonds mobilisés au financement du logement abordable.
La dimension sociale de l’initiative repose donc sur la destination des financements et sur les conditions dans lesquelles les ménages pourront en bénéficier.
Du côté des investisseurs, Théodore Ganflé, directeur général de la SGI AGI, a indiqué que l’opération avait suscité la participation d’acteurs de plusieurs pays de la sous-région, notamment du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Togo et du Sénégal. Il a également relevé la présence de banques parmi les souscripteurs, qu’il considère comme un signe de confiance dans l’opération.
Des critères pour encadrer les engagements sociaux
Au-delà de la mobilisation des fonds, le programme prévoit un cadre destiné à définir les objectifs sociaux, les critères d’éligibilité et les populations ciblées, ainsi que les mécanismes de gouvernance et de suivi des résultats.
Olade Balo Akakpo, spécialiste du financement climatique et responsable de l’Unité de financement climatique au Bénin du GGGI, a expliqué que ce dispositif doit permettre de préciser les engagements pris et d’en évaluer les effets dans le temps.
L’objectif est notamment de faciliter l’accès à la propriété pour les ménages à revenus faibles et intermédiaires, en s’appuyant sur des critères permettant de vérifier la réalisation des engagements sociaux annoncés.
Pour sa part, Yedau Ogoundele, directrice générale d’AFINHAB, a insisté sur la portée concrète de cette initiative pour les bénéficiaires. Au-delà du montage financier, l’ambition est de permettre à davantage de ménages aux revenus modérés d’accéder à un logement au Bénin.
Le défi de la concrétisation des financements
Avec cette opération de 15 milliards de francs CFA, BSIC Bénin dispose d’un nouvel instrument pour renforcer ses capacités de financement à long terme. La réussite de l’initiative dépendra désormais de l’utilisation effective des ressources mobilisées, de leur affectation aux projets éligibles et du suivi des bénéficiaires.
L’enjeu sera de transformer les engagements pris dans le cadre de cette première obligation sociale du programme ZAKA en résultats mesurables pour les ménages ciblés.
POUZE Patrick